L'Arteparc sort lentement de terre. D'ici une quinzaine de jours, le premier bâtiment sera livré à son principal occupant, le bureau d'études Ingérop, qui en occupera 70% de la surface. Il sera suivi du deuxième à la fin de l'année, et le troisième viendra clore la première vague de construction début 2016. En tout, c'est 22 bâtiments à très haute performance énergétique que le promoteur, Artea, entend construire sur sa zone, assortis d'un pôle de services qui devrait accueillir des restaurants, une crèche, une salle de sport, une conciergerie... De quoi séduire les entreprises, espère Artea, qui mise également beaucoup sur l'accessibilité de sa zone, desservie par l'autoroute mais aussi par deux ligne de bus et des navettes qui la connecteront au métro. Un service de covoiturage et de location de véhicules électriques seront également disponibles sur le site.
Greenview, la fierté d'Artea
Surtout, le promoteur met en avant la haute performance de ses immeubles. Conformes aux normes RT2020 bien entendu, ils ont la particularité d'être alimentés par leur propre centrale solaire, dont l'énergie produite est directement consommée par le bâtiment, assurant de très faibles charges aux occupants. Le tout, monitoré en direct par un logiciel spécialement développé par Artea, Greenview, qui permet d'afficher dans l'entrée de l'immeuble, ou via une application smartphone, la consommation en eau et en énergie du bâtiment. "C'est un outil didactique qui se révèle très utile, assure Philippe Baudry, le président d'Artea. On a beau faire les bâtiment les mieux isolés qui soient, les comportements des occupants jouent énormément dans la consommation énergétique. On a estimé que ça peut peser jusqu'à 35% de la consommation."
Artea espère ainsi avoir les cartes en main pour attirer la centaine d'entreprises du tertiaire, et les quelque 2.000 salariés, que le parc aura la capacité d'accueillir une fois tous ses éléments construits.
Faire face à la concurrence
Car la concurrence est rude dans la métropole, reconnaît sans difficulté Philippe Baudry. D'autant plus que le promoteur, haut niveau de prestations oblige, adopte un positionnement haut de gamme susceptible de décourager certains. "Nous avons mis trois ans à mettre sur pied ce projet, il y a eu des délais. Si Arteparc avait pu voir le jour il y a un an, ça aurait été vraiment parfait, mais là nous arrivons à un moment où un certain nombre de projets tertiaires sont livrés dans la métropole, il y a beaucoup d'offres. A nos commercialisateurs de mettre en avant les qualités de nos bâtiments, que nous louons autour de 140 euros le m², soit bien au-dessus des prix moyens. Mais avec un tel niveau de service, on ne peut pas se permettre de louer moins cher. Et nos locataires s'y retrouvent sur les charges, c'est une garantie. "
De fait, Artea a prévu d'investir entre 90 et 100 millions d'euros sur l'ensemble du parc, ses 22 bâtiments intelligents à énergie positive, son pôle services, ses espaces verts et de convivialité... Le promoteur compte à terme rester propriétaire de la moitié des bâtiments, et espère en vendre l'autre moitié.