Rhône-Alpes, deuxième région touristique française après Paca, aurait plutôt bien résisté à la crise économique. On estime ainsi que la fréquentation des domaines alpins durant l'hiver 2008-2009 demeure quasi stable (- 1%) par rapport à la saison 2007-2008. L'été 2009 aurait même rempli les attentes des professionnels qui s'estiment satisfaits de leur saison à 78%, d'après l'enquête de conjoncture Rhône-Alpes Tourisme/Ipsos parue en août dernier. Si 85% des 155millions de nuitées enregistrées chaque année dans la région étaient jusqu'alors occupés par les Français, ce chiffre augmente légèrement en 2009. Au détriment de la clientèle étrangère qui enregistre une baisse de sa fréquentation autour de 5%. «Les Français, et les habitants de Rhône-Alpes en particulier, sont partis en vacances plus près de chez eux. Cette situation a permis de limiter l'impact de la crise sur l'activité touristique», explique Gérard Octroy, responsable de l'Observatoire Rhône-Alpes tourisme. On note par exemple une baisse de fréquentation des vacanciers anglais (-2%), allemands (-7%) et italiens (-2%) sur la période estivale.
Répercussions en 2010
Du côté des dépenses, le panier moyen d'un touriste se situait autour de 41€ par nuitée en 2003, année des derniers chiffres publiés par l'organisme. Une situation qui, pour Gérard Octroy, n'a guère évolué depuis. «Le degré de maturité du marché fait que le tourisme est généralement très peu impacté par les turbulences économiques, estime-t-il. C'est pourquoi les niveaux restent globalement stables depuis une quinzaine d'années. Si répercussions il y a, elles risquent de se faire sentir en 2010», assure le responsable de l'Observatoire. S'agissant de l'hébergement marchand, qui représente près de 40% de l'hébergement total, l'hôtellerie arrivait en tête en 2008 avec 18millions de nuitées, soit 9% de la fréquentation nationale hôtelière. Le camping progresse pour sa part de 2% par rapport à 2007, à huit millions de nuitées. Alors que l'hébergement collectif (villages vacances, maisons familiales, centres de vacances, auberges de jeunesse...) connaît une nouvelle diminution de sa fréquentation (-2%), confirmant la tendance du secteur qui a perdu 20% de nuitées en huit ans. Pourtant, derrière la stabilité régionale apparente, des mouvements sont observés au niveau départemental: l'évolution de la fréquentation globale en 2008 dans l'hôtellerie oscillait entre -4% pour l'Ardèche et+5% pour la Loire. Le Rhône et l'Isère enregistraient respectivement une baisse de -2% et -3%. Pesant au total près de 10 Md€, le tourisme rhônalpin devrait malgré tout connaître une belle année 2009, poussé par une fréquentation en hausse globale dans quasiment tous les secteurs.
Considéré comme un marché mature, le tourisme régional enregistre de bonnes performances pour l'année 2009. Malgré une légère baisse de fréquentation de la clientèle étrangère et quelques disparités entre les départements.