En volume, un peu plus de 1 950 000 vélos neufs ont été vendus en 2024 sur le marché français, soit une diminution de 12 % si l’on compare avec l’année précédente. En termes de chiffre d’affaires, le marché du cycle a représenté au total (vente de vélos, pièces et accessoires ou encore réparations incluses) une somme de 3,2 milliards d’euros (-5,9 %).
Contexte économique incertain
Des chiffres diffusés par "l’Union sport & cycle" (USC), organisation professionnelle de la filière sport qui rassemble plus de 3 000 entreprises. "Cette contraction s’explique en grande partie par un contexte économique incertain, qui incite les consommateurs à reporter leurs achats, notamment de vélos neufs", analyse l’USC dans l’édition 2024 de son Observatoire du Cycle.
Bien loin du pic d’activité de 2022
Le marché reste encore loin des niveaux de l’année 2022 (environ 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires à l’époque). Mais il se maintient à un niveau élevé comparé à la période d’avant-crise sanitaire — il pesait alors 2,3 milliards d’euros.
Montée en gamme de la filière
En six ans, il aura enregistré une croissance de 33 %, "confirmant une montée en gamme", indique l’USC. Avant de citer "le succès croissant des vélos de route et des modèles Gravel", ces vélos adaptés aux chemins caillouteux. Ou en citant encore la part grandissante des vélos à assistance électrique "qui représentent désormais près d’un vélo vendu sur trois, avec un prix moyen de 2 045 euros".
L’exemple de la Manufacture Française du Cycle
À Machecoul-Saint-Même (Loire-Atlantique), l’un des gros acteurs du marché, la Manufacture Française du Cycle (MFC), illustre bien cette tendance. L’entreprise mise actuellement sur l’écoconception et le haut de gamme pour créer les vélos de demain. Elle vient d’ailleurs de lancer un nouveau VTT électrique vendu pas moins de 9 500 euros… Construit à partir de fibres de carbone issues de l’industrie aéronautique, c’est le vélo le plus cher jamais produit au sein de l’usine de 650 salariés.
La Manufacture Française du Cycle a aussi connu le mouvement de yoyo du marché. La période post-Covid avait en effet créé un pic de la demande, qui a fait grimper la production de MFC à 500 000 vélos en 2022. "Nous étions montés à plus de 1 000 salariés cette année-là", se rappelle David Jamin son directeur. MFC a depuis revu sa production à la baisse avec 300 000 vélos assemblés en 2024. Et la tendance sera similaire cette année.
Potentiel de croissance sur le vélo électrique
Malgré la retombée du boom post-covid, la filière du cycle note toutefois des motifs d’optimisme et pointe des réservoirs de croissance pour l’avenir. Notamment sur le créneau des vélos électriques, qui représentent certes déjà 29 % des ventes en France, mais dont la proportion reste encore loin des niveaux connus aux Pays Bas (48 % des ventes) et de l’Allemagne (53 %)…
Autre motif de satisfaction, l’essor des vélos de seconde main vendus par les professionnels (158 000 vélos écoulés en 2024, soit + 9 %). Ou encore le marché de la réparation (113 millions d’euros en 2024), en hausse continue depuis 5 ans.
Le défi du made in France
Reste à maintenir le poids du made in France : aujourd’hui 1 vélo classique sur 6 est fabriqué en France, et 1 vélo à assistance électrique sur 2. L’an dernier, la production hexagonale a reculé de 18 %, avec un peu moins de 500 000 unités produites, souligne la filière. "Ce recul touche également les fabricants de vélos à assistance électrique", précise l’Union sport & cycle. Avant de lancer un avertissement pour la défense du made in France et du made in Europe : "L’Europe reste le principal fournisseur du marché français, mais la compétitivité des acteurs nationaux doit être renforcée pour soutenir la réindustrialisation du secteur".