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Les trois vies de Jacques Bramardi
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Les trois vies de Jacques Bramardi

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La vie est belle pour Jacques Bramardi et c’est lui qui le dit… Sans doute parce qu’il a toujours réussi à mener de front ses passions. Entrepreneur dans le monde du web, il s’éclate dans les algorithmes et emploie 20 salariés. Sur une planche de surf ou en wingfoil, il dompte les vagues et le vent aux quatre coins du monde. Musicien, il s’est fait un nom sur scène et en studio avec Jack Troster.

Jack Troster (le nom de scène de Jacques Bramardi) a offert un concert live au sommet du Pont Levant de la Seyne-sur-Mer, le 15 décembre 2020 — Photo : Stephane Lasserre

Jacques Bramardi a tatoué sur son avant-bras six lignes brisées, représentant à la fois les six cordes de sa guitare qu’il gratte en concert ou en studio et les ondulations de la mer qui vont former les vagues qu’il aime tant surfer. "C’est ça ma vie", résume l’entrepreneur toulonnais, mais pas que : "Il manque mon métier dans le monde du numérique et ma famille."

Trois vies, deux identités

Jacques Bramardi a donc trois vies : la mer, le digital et la musique. Il a deux identités aussi. Il est Jacques Bramardi dans sa vie quotidienne. Sur scène, il est Jack Troster. "Pendant longtemps, mes deux identités ont mené deux vies parallèles. Aujourd’hui, elles se rejoignent et j’assume être un chef d’entreprise atypique", dit-il, un sourire aux lèvres.

Il faut dire qu’il a aujourd’hui fait ses preuves, dans la musique, comme dans l’entrepreneuriat, tout en continuant de passer de nombreuses heures à l’eau, avec sa planche de surf, son wingfoil ou des bouteilles de plongée accrochées dans le dos.

Un concert au sommet

Avec sa guitare, son timbre de voix et ses musiciens, il ne s’est rien interdit. Il y a trois mois, il a ainsi joué devant 3 500 spectateurs lors du championnat du monde de kickboxing à Toulon (United Fight Night). Mais son plus beau souvenir de scène remonte au second confinement : "Alors qu’il ne se passait plus rien d’un point de vue artistique, la mairie de La Seyne-sur-Mer a eu l’idée de me faire monter en haut du Pont Levant, l’emblème de la ville, notre Tour Eiffel. Le concert, à plus de 40 mètres au-dessus de l’eau, retransmis en live sur les réseaux sociaux le 13 décembre 2020, réunit 10 000 personnes en moins d’une heure", se souvient le dirigeant, qui n’est pas peu fier d’avoir fait le "buzz" dans sa ville de cœur, dont il a reçu la médaille, la ville qui l’a vue grandir, du stade de football de Mar Vivo aux plages des Sablettes, de l’Ifremer aux bureaux de son entreprise.

Apprendre par soi-même

Sa passion pour la musique remonte à son plus jeune âge. "Tout petit déjà, j’étais attiré par n’importe quel instrument et je créais des morceaux." Âgé de 14 ans, il sort du grenier la guitare classique de son père, il gratte ses premiers morceaux mais avoue qu’il a tout appris tout seul ! Rapidement, il se crée son nom de scène, ce sera Jack Troster, en échos au thruster, une planche de surf à trois ailerons. Puis, il monte sur scène.

Devant tous les publics

En piano-bar, en café-concert, "ça me payait mes études", en l’occurrence un DESS en ingénierie marine acoustique, l’expression de son côté scientifique. Ça lui permet aussi de faire de belles rencontres dans le milieu de la musique, notamment "l’ingénieur du son Thierry Blanchard, qui a travaillé avec Céline Dion, Michel Sardou, les Enfoirés…" Il s’est donné en spectacle devant tous les publics : il a joué pour la première victoire de coupe d’Europe du RCT ou encore au circuit Paul Ricard lors du Grand Prix de France de Formule 1 en juin 2018, il a fait un direct en prime time sur la chaîne Sky International. Certains étés, il a enchaîné les concerts, jusqu’à six soirs par semaine. Plus confidentiel, le 27 juin dernier, il s’est donné en spectacle devant ses pairs, chefs d’entreprise, lors de la soirée annuelle du Réseau Entreprendre. "Pour ma musique, j’ai créé une entreprise, Téléscopie avec des salariés qui m’accompagnent. Chaque projet, quel qu’il soit est une entreprise", confie celui qui détient la palme de la longévité au sein de Réseau Entreprendre Var avec 10 années de mentorat. Un jour peut-être il créera une troisième société, dans le monde de la mer, son autre passion.

Des milliers de vues

Ses clips, qu’il tourne et monte lui-même participent aussi à son succès. Son premier, Little Boy, tourné avec un IPhone, fera sa renommée avec 168 000 vues cumulées. Il tournera aussi au sein de l’Opéra de Toulon ("Me vois-tu"), une "belle aventure", qui lui a permis de réunir plus de 360 000 vues sur YouTube, mais aussi d’être sélectionné par le groupe Radio France pour figurer sur la playlist de RFI. Il confie "produire beaucoup, ou du moins commencer la composition de nombreuses chansons." Le parallèle est vite fait avec le rappeur marseillais Jul, qui sort au moins deux albums par an : "Quoi qu’on en dise, Jul est un travailleur acharné et un vrai artiste qui a créé son propre style", admet Jacques Bramardi, avant de préciser que sont style musical à lui est plutôt "entre M et Skip The Use, un mélange de rock des années 70 et de pop électro."

Dompteur de vagues et de codes

À la question de savoir s’il aurait pu vivre de sa seule musique, il répond sans hésiter que cela n’aurait pas suffi à son bonheur. Car lorsqu’il n’est pas sur scène ou à son bureau, il est dans l’eau. "À la sortie de l’école, j’allais chasser avec ma fouine. En 5e, je dessinais des vagues sur mes cahiers, je regardais les meilleurs véliplanchistes au monde se tirer la bourre sur le spot six-fournais de Brutal Beach. Puis, à l’âge de 28 ans, j’ai découvert le surf, ce fut un coup de foudre", raconte Jacques Bramardi. Surfer, c’est pour lui un art de vivre en harmonie avec la nature. C’est aussi une ode à la liberté. À Bali, à Tahiti, aux Canaries, au Maroc ou au Portugal, mais aussi sur tous les spots de Bretagne et tous ceux qu’il connaît par cœur à l’ouest de Toulon, il chasse les vagues et joue aussi avec le vent depuis qu’il s’est mis au wingfoil.

Puis, quand il n’a pas de surf sous le bras, ni une guitare en bandoulière, il est "Bexter", le nom de son entreprise, qu’il a fondée en 2001, soit "quelques années avant la sortie de la série Dexter", précise-t-il. D’ailleurs, Bexter n’a aucune référence culturelle, "ça ne veut rien dire, ça sonne bien et le nom de domaine était libre." Dans sa PME de 20 personnes, il fait du code pour créer et refondre des sites web, il mêle graphisme et informatique, son côté créatif et l’autre, plus cartésien. Il cumule plus de 1 500 projets réalisés et plus de 650 clients accompagnés, dont "le plus gros enregistre 250 000 visiteurs uniques par mois sur son site Internet."

Var # Sport # Numérique # Conseil en communication et marketing # Activités culturelles et événementiel
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