Le nouvel épisode a démarré le 1er septembre dernier. Ce jour-là a été officiellement créée la société Victorine Studios, marquant le début de 35 ans de concession partagée entre la CCI Nice Côte d’Azur (actionnaire à 24,99 %) et l’entreprise parisienne Color (75,01 % des parts). Cette dernière, filiale du groupe Digital District, est spécialisée dans la postproduction images et les effets spéciaux, pour publicités ou longs-métrages. Le tsunami final et les ponts qui explosent dans "Sous la Seine", le film français le plus visionné sur la plateforme Netflix, avec plus de 100 millions de vues, c’est elle.
Cinéma, école et hôtel d’entreprises
Fondés en 1919, les studios de la Victorine ont connu de grandes heures avant finalement, de se laisser oublier. Repris en régie par la Ville en 2017, les voici donc repartis sous une délégation de service public. Dans cette renaissance, chacun apporte son expertise pour bâtir in fine des studios nouvelle génération, pouvant accueillir solutions techniques innovantes et tournages plus traditionnels, un campus dédié à la recherche, la formation et l’innovation, et un pôle d’entreprises du secteur.
"Les trois volets, incluant la formation et l’hôtel d’entreprises ont fait partie du projet dès le départ, assure David Danesi, président de l'entreprise Color et directeur général de Victorine Studios. Les entrepreneurs d’aujourd’hui sont aussi là pour guider les jeunes des métiers de demain. Nous avons un rôle à jouer. J’ai toujours eu cette idée de transmission."
Redevenir un lieu emblématique
"Nous souhaitons proposer une offre complète", résume Jessica Bovis, présidente de Studios Victorine, pour le compte de la chambre consulaire.
Si les lieux doivent redevenir "un site emblématique" selon les mots de son nouveau directeur général, avec un rayonnement international, néanmoins "il est certain que nous ne sommes pas là pour faire les studios de Cinecittà ou pour créer des studios avec des décors de plusieurs centaines de mètres carrés, précise Jean-Pierre Savarino, président de la CCI Nice Côte d’Azur. Quand on tourne en 3D, c’est devant un grand écran vert. Cela permet d’avoir des dimensions raisonnables, tout en faisant de la technologie. Cela a une forte valeur ajoutée."
37 millions d’euros investis
De quoi réveiller les 6,5 hectares du site (le foncier appartient à la Ville) qui tournaient clairement au ralenti ces dernières années, voire décennies. Ainsi, entre construction et rénovation, le projet prévoit un investissement total de 37 millions d’euros.
"Nous allons d’abord nous atteler les deux prochaines années à exploiter au mieux le site car il ne l’est pas à 100 %, reprend Jessica Bovis. Louer tous les bureaux disponibles notamment. Il y a des choses à faire avant de lancer les travaux. Des tournages à accueillir. Il y a un beau potentiel."
Les travaux ne devraient pas démarrer avant deux ans. L'équipe en place compte 5 personnes et de nouveaux recrutements ne sont pas prévus à ce jour. La Victorine nouvelle génération, lauréate de l’appel à projets "La Grande fabrique de l’image", lancé dans le cadre de France 2030, ne devrait ainsi pas être totalement opérationnelle avant cinq ans et prévoit d’ores et déjà d’embarquer l’ensemble de l’écosystème azuréen, des collectivités aux grandes écoles.