Les start-up françaises montrent des signes d’essoufflement
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Les start-up françaises montrent des signes d’essoufflement

La France compte 16 200 start-up. C’est 1 200 de plus qu’il y a un an, révèle une étude de France Digitale et d’EY. Mais le dynamisme de la Tech tricolore perd de sa superbe et les inquiétudes grandissent.

Le nombre de créations nettes de start-up a progressé de 8 % depuis un an, loin des 30 % de croissance enregistrés l’année précédente — Photo : Yingyaipumi

La start-up nation se cherche un second souffle. Une étude de l’association France Digitale et du groupe de conseil EY montre que l’écosystème français de la Tech reste dynamique, mais que cette vitalité s’étiole.

La France compte 1 200 start-up supplémentaires par rapport à l’an passé, portant leur nombre à 16 200. Le nombre de créations nettes de jeunes pousses a progressé de 8 % depuis un an. On est loin des 30 % de croissance enregistrés l’année précédente. Symbole des temps qui changent, les start-up se font moins nombreuses en Île-de-France (-3 %), le cœur battant de la Tech tricolore réunissant 45 % des start-up.

Nombre de start-up par région — Photo : Le Journal des Entreprises

Moins de recrutements

Les effectifs des start-up — 450 000 personnes en France — suivent la même tendance. Le nombre mensuel de créations de postes au sein des start-up fond comme neige au soleil, passant de 7 641 exactement en janvier 2025 à 4 268 en juin dernier. Et les projets de recrutements, eux aussi, sont revus à la baisse. Actuellement, 69 % des start-up prévoient de procéder à des recrutements. Il y a un an, les entreprises étaient beaucoup plus optimistes, avec 84 % de jeunes pousses projetant de renforcer leurs effectifs.

Chute du capital-investissement

Le tarissement des sources de financement des start-up explique ce ralentissement. À commencer par une très nette chute de l’activité du capital-risque en France. Au premier semestre 2025, 314 start-up ont levé 2,8 milliards d’euros. Ce qui représente un recul de 24 % en volume et de 35 % en valeur par rapport à la même période de 2024, indique le Baromètre du capital-risque d’EY.

Cette dégradation du marché du capital-investissement joue principalement en défaveur des plus jeunes start-up. Une situation dont s’alarment nombre d’observateurs. "Les indicateurs continuent de chuter. C’est très préoccupant", indique ainsi Nicolas Forey, président d’In Extenso Innovation Croissance.

Une croissance de chiffre d’affaires qui ralentit

Les entreprises peuvent toutefois compter sur une augmentation générale de leur chiffre d’affaires (11,5 Md€ en 2024). Mais, là encore, la croissance est moins vigoureuse, avec 16 % enregistrés en 2024, contre 27 % en 2023. En cause : le climat économique mais aussi la géopolitique mondiale, avec les tergiversations autour des droits de douane entre l’Europe et les États-Unis.

"Les start-up cherchent à contenir leurs inquiétudes face aux risques d’isolement commercial et de ralentissement de leur internationalisation", notent les auteurs de l’étude de France Digitale et d’EY. Il faut dire que les 500 start-up interrogées par l’étude réalisent 46 % de leur chiffre d’affaires à l’international.

L’instabilité politique française pèse pour 75 % des start-up

Enfin, le contexte français n’est pas favorable aux start-up. L’instabilité politique est perçue comme un risque par 75 % des start-up. La baisse des dépenses publiques l’est pour 82 % d’entre elles. Les tours de vis opérés sur différents dispositifs publics de financement par la dernière loi de finances (réformes du crédit d’impôt recherche, du crédit d’impôt innovation et des bons de souscription de parts de créateur d’entreprise) freinent les capacités de développement des jeunes entreprises. Celles-ci disent que ces coupes budgétaires génèrent des pertes de trésorerie, une réduction des investissements et le gel des embauches.

Pour la start-up nation chère à Emmanuel Macron, le défi est désormais de trouver un second souffle dans un contexte où l’optimisme cède la place à la prudence.

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