À l’occasion du bilan 2025 des activités du Médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet met en garde sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient et de la hausse des cours du pétrole sur les relations entre les entreprises. Selon le médiateur, "une grande partie de la solution se trouve entre les entreprises et dans les outils permettant le dialogue".
Face aux difficultés de trésorerie rencontrées par certains grands consommateurs d’essence, comme les transports routiers, Pierre Pelouzet appelle à une "solidarité intelligente" et à éviter un "égoïsme perdant qui fait de la casse et que nous retrouvons ensuite dans les chiffres des défaillances".
Des échanges avec le secteur des transports routiers
Les équipes du médiateur des entreprises travaillent actuellement sur le secteur des transports routiers de marchandises afin de "répartir les coûts de la hausse des prix du pétrole".
La trésorerie est aussi un levier permettant de limiter les effets de la crise énergétique. "Nous allons réunir tous les acteurs du secteur pour identifier les bonnes pratiques", précise Pierre Pelouzet. Objectif : fluidifier les délais de paiements pour ne pas "abîmer les maillons les plus fragiles".
Le 27 mars dernier, le gouvernement a annoncé un soutien financier au secteur via une réduction temporaire du prix du gasoil. Il a aussi indiqué "organiser la solidarité inter-filières" en appelant à la coopération "entre donneurs d’ordre et fournisseurs avec une vigilance accrue sur les délais de paiement".
+ 20 % de demandes depuis début 2026
Dans ce contexte de crise, les demandes de médiation sont déjà en hausse de 20 % depuis début 2026. En 2025, le recours au médiateur des entreprises a déjà augmenté de 10 % avec 2 100 demandes. "En dehors de l’année 2020, nous n’avons jamais eu autant de saisines et la moyenne sur ces six dernières années est supérieure à 2 000 saisines par an", précise Nicolas Mohr, directeur général du Médiateur des entreprises.
Les conditions de paiement sont le deuxième motif de litige (27 %), derrière les relations contractuelles (41 %). Les demandes des TPE et PME sont aussi en forte croissance. 80 % des saisines sont effectuées par des entreprises de moins de 25 salariés, contre 73 % en 2024. Face à cette croissance, le taux de réussite des médiations se maintient à hauteur de 70 %, pour une résolution en moins de trois mois.