Au second semestre 2025, le nombre de projets de recrutement des entreprises de la métallurgie en Maine-et-Loire était de 26 % supérieur à ceux du second semestre 2024.
À l’automne 2025, les dirigeants d’entreprises de la métallurgie interrogés par l’UIMM de Maine-et-Loire se montraient pourtant inquiets quant à l’avenir pour 57 % d’entre eux. Situation politique instable, contexte international perturbé, carnets de commandes qui peinent à se remplir, visibilité à plus court terme, autant de facteurs qui faisaient craindre un avenir incertain.
Des entreprises toujours en quête de talents
"Malgré cela, indique Pierre Le Galloudec, président de l’UIMM de Maine-et-Loire, l’union des industries et des métiers de la métallurgie, les entreprises recrutent, et ce pour plusieurs raisons : des projets se développent et certaines entreprises investissent dans de nouveaux équipements, la pyramide des âges augmente et cela va conduire à des départs en retraite qu’il faudra remplacer, et il y a la nécessité de transmettre les savoir-faire."
Une recherche d’opérateurs en majorité
Ainsi, au second semestre 2025, les projets de recrutements émis par les entreprises du secteur de la métallurgie en Maine-et-Loire étaient de 1 250, contre un millier environ à la même période l’année précédente, selon une enquête de l’ORCI, l’observatoire régional des compétences industrielles. "Nous avons la chance dans le département de proposer les 6 corps de métiers de la métallurgie dans nos entreprises à travers le département, précise Pierre Le Galloudec : la tôlerie, l’usinage, la chaudronnerie, le traitement de surface, la construction et l’électronique. Ce secteur connaît une belle activité, comme ceux de l’aéronautique et de la défense."
740 embauches autour d’Angers,plus de 500 dans le Choletais
Les intentions de recrutement se concentrent principalement dans le secteur angevin, au nombre de 740, et dans le Choletais avec 520. Cela dans différentes typologies de métiers : ce sont majoritairement des opérateurs (60 %) qui sont recherchés, devant les techniciens (21 %), les fonctions supports (11 %) et les ingénieurs (8 %). Avec toutefois un bémol : un recrutement sur deux est jugé difficile par les chefs d’entreprise.
30 à 40 demandes d’usineurs par an
En effet, le secteur de la métallurgie forme, mais pas assez, faute de candidats : A Angers, la Fab Academy, organe de formation de l’UIMM, est désormais la seule entité dans le département à proposer une formation dans l’usinage. Le métier sans doute le plus difficile à pourvoir, la demande des entreprises étant forte mais les candidats peu nombreux. "C’est pourtant l’un des métiers les plus complets qui requiert de nombreuses compétences", affirme Pierre Le Galloudec.
"L’image de l’industrie évolue, mais il y a encore du travail"
"Nos adhérents demandent chaque année 30 à 40 usineurs, poursuit le président de l’UIMM 49 Pierre Le Galloudec, mais nous en formons beaucoup moins qu’auparavant en Maine-et-Loire. Et pourtant, ce sont des métiers où l’on recrute et qui sont plutôt bien rémunérés, avec de réelles perspectives de carrière. L’image de l’industrie évolue, mais il y a encore du travail à faire auprès des familles et des établissements scolaires."
Pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises, l’UIMM, via la Fab Academy, présente les différents métiers avec des portes ouvertes dans les entreprises, principalement lors de la semaine de l’industrie chaque année en novembre, et propose des cursus de formation par alternance pour les jeunes sortant de collège, allant jusqu’à un niveau Bac + 3.
Outre ces formations, la Fab Academy accueille également chaque année des salariés en formation continue, qui viennent enrichir leurs compétences et du même coup renforcer celles de leur entreprise.
Un dispositif pour les demandeurs d’emploi
Parallèlement, a été mis en place un dispositif national, Metal Job, qui en est cette année à sa 24e édition en Maine-et-Loire. Conçu pour répondre aux attentes des entreprises, il concerne des demandeurs d’emploi en reconversion et a permis l’entrée dans les métiers e l’industrie de 164 personnes depuis sa création. En 2025, deux éditions ont été organisées, l’une pour le métier de mécanicien monteur avec 11 stagiaires à Durtal, élaborée avec les entreprises du territoire, et une autre d’opérateur en tournage-fraisage à Angers. D’une durée de 350 à 450 heures, ce dispositif permet aux participants d’intégrer rapidement une entreprise ou d’envisager de poursuivre leur cursus de formation.
Au total, la Fab Academy de Maine-et-Loire forme chaque année plus de 200 jeunes en alternance et plus de 1 000 salariés en formation continue, auxquels s’ajoutent une centaine de demandeurs d’emploi en reconversion professionnelle. Avec le souhait d’intégrer encore plus de candidats, pour répondre à une demande toujours forte des entreprises locales.