Les plages de la Croisette sur la sellette

Les plages de la Croisette sur la sellette

Ouvertes de 7 à 12 mois dans l'année, les plages de la Croisette sont en quelque sorte le prolongement festif du palais des Festivals. On y organise des cocktails, des repas d'affaires, des soirées où plaisir et business vont de pair. D'où le vent de fronde qui souffle sur ces plages privées dont les concessions arrivent à échéance en 2017. Leurs exploitants se sont regroupés au sein de l'Association des Etablissements balnéaires de la Croisette (AEBC) pour peser sur les échanges avec les pouvoirs publics. Si David Lisnard, le maire, défend leurs intérêts auprès du ministère en demandant que soit reconnue la notion de « plage urbaine, caractéristique des villes de la Méditerranée », il ne peut déroger à l'application du décret. Sur les 25 lots que comptent les plages artificielles de la Croisette (dont deux aujourd'hui sont exploitées en régie), la reconfiguration à l'étude pourrait ramener leur nombre à 19. Une éventualité qui fait sortir Michel Chevillon, porte-parole de l'AEBC, de ses gonds. « L'addition sera lourde, 400 emplois pérennes et non délocalisables seront supprimés, 4 millions d'euros de pertes pour les fournisseurs et 635.000? de redevances en moins pour la commune », précise-t-il. Ces plages réalisent 48,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont un tiers lié à l'activité congrès, et emploient près de 1.200 personnes. Autre préoccupation, la démolition programmée des établissements actuels pour laisser place à des installations démontables. « Cela devrait représenter un coût estimé à 1,5 millions d'euros pour chaque établissement. Difficile à amortir sur 12 ans, nous demandons à ce que les nouvelles concessions soient portées à 18 ans ». Quant aux modalités pratiques d'un tel chantier, Michel Chevillon en pointe déjà les difficultés avec une noria de poids lourds sur la Croisette, peu conciliable avec des activités congrès.