Alpes-Maritimes
Les Parfums M.Micallef lèvent 1,5 million d'euros pour se faire un nom
Alpes-Maritimes # Luxe # Levée de fonds

Les Parfums M.Micallef lèvent 1,5 million d'euros pour se faire un nom

La marque grassoise, qui vient de lancer sa dernière fragrance - 06130 Grasse -, entend creuser son sillon sur le segment de la haute parfumerie afin d'atteindre la taille critique nécessaire pour entrer dans les radars des grandes maisons de luxe.

06130 n'est pas que le code postal de la ville de Grasse. C'est aussi le nom du dernier jus concocté par la maison de haute parfumerie M.Micallef, lancé le 8 mars dernier au Musée International de la Parfumerie devant un parterre de 150 invités. Un parfum « ambassadeur », pensé comme « un hommage à la capitale de la parfumerie et à son savoir-faire séculaire », partie intégrante « de l'ADN de la maison M.Micallef depuis sa création en 1996 », explique Martine Micallef, co-fondatrice avec son mari Geoffrey Nejman des Parfums M.Micallef. Dont le concept marie art et parfum à travers quatre grandes collections de jus d'exception conditionnés dans des flacons-bijoux ornés de cristaux de Swarovski ou peints à la main. Une signature très luxe à la française qui s'exporte dans 60 pays via un réseau de quelque 900 points de vente pour un chiffre d'affaires 2016 de 7 millions d'euros.

Une niche qui se consolide

« Il y a 20 ans, il n'y avait que quatre ou cinq marques de parfums positionnées sur la niche ultra-luxe. Aujourd'hui, il s'en crée presque tous les jours. Il n'y a qu'à voir les salons dédiés au secteur comme ceux de Milan ou de Florence qui accueillent entre 150 et 200 exposants pour comprendre que le marché est en pleine expansion et suscite, de fait, l'intérêt des grandes maisons généralistes et capitalistiques », remarque Geoffrey Nejman. Ces dernières seraient, selon le dirigeant, de plus en plus nombreuses à mettre la main sur les marques de haute parfumerie ayant atteint une taille critique de 15 à 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, leur donnant ainsi les moyens de se déployer plus largement tout en conservant leur caractère artisanal. « C'est un chemin que nous regardons avec sérieux d'autant que la société n'a pas vocation à rester dans le giron familial, les enfants ayant fait d'autres choix de carrière », reprend le dirigeant.

Un "flagship store" à Paris

D'où la volonté de mieux structurer le développement de l'entreprise (22 personnes), de mettre le focus sur la notoriété et la visibilité de la marque et de booster la distribution pour approcher les 2 000 points de vente, doubler les facturations et ainsi atteindre cette fameuse taille critique d'ici à la fin 2022. La levée de fonds de 1,5 million d'euros, conclue début 2017 auprès d'un investisseur privé issu du monde du parfum, devrait l'y aider. « Nous avons renforcé le management de l'entreprise avec un directeur de site et - à venir - un directeur commercial qui dirigeront le bateau pour que je puisse me concentrer sur les grands marchés qui nous font défaut. » Car si M.Micallef est bien implantée en Europe de l'Est, en Russie et au Moyen-Orient, une partie de l'Asie (Japon, Corée, Chine) et de l'Amérique lui échappent encore. De même que la France où la marque ne réalise que 3% de ses ventes. Un retard qu'elle entend combler en ouvrant une première boutique en propre à Grasse dès 2017 avant d'investir Paris, où sera installé son "flagship store", puis les grandes places européennes comme Londres, Milan ou encore Moscou.

Alpes-Maritimes # Luxe # Levée de fonds