Nom de code : GHT, pour Groupements Hospitaliers de Territoires. Nées le 1er juillet dernier à la faveur de la nouvelle Loi Santé, ces 135 structures visent à réorganiser le système de santé en favorisant les coopérations entre les quelque 850 hôpitaux publics français. Autrement dit, mieux organiser la relation entre l'hôpital et la médecine de ville, mais aussi entre les hôpitaux d'un même territoire grâce à la mutualisation des moyens autour d'un projet médical partagé. Une transformation soutenue par un investissement de 2 milliards d'euros sur les cinq prochaines années qui débouchera inévitablement sur une accélération du développement des systèmes d'information de santé et de la télé médecine. Et c'est justement sur ce créneau que se positionne la société Accelis qui entend bien profiter de cette opportunité, véritable appel d'air sur un marché - celui des plateformes régionales de télé médecine - arrivé à maturité, afin de pousser ses solutions logicielles dédiées à l'organisation des activités médicales.
Plus de 200 sites déjà équipés
Fondé en 2001 par Sonia et Richard Heymann, l'éditeur sophipolitain fait partie des quatre entreprises leaders du marché de la télé médecine avec un chiffre d'affaires de 4,6 millions d'euros réalisé en 2015. La PME équipe déjà plus de 200 sites, des hôpitaux essentiellement, et des groupements de coopération sanitaire e-santé situés dans les Hauts de France et en Nouvelle Aquitaine. « Par exemple, dans l'ex Nord-Pas-de-Calais, 51 sites sont raccordés à notre plateforme régionale, régulièrement utilisée par plus de 1.800 professionnels pour des usages de téléconsultation, de télé-expertise ou encore de téléassistance », détaille Patrick Malléa, directeur Stratégie, Innovation et Grands Comptes d'Accelis.
Devenir un générateur de parcours de soin
Avec l'arrivée des GHT, l'enjeu désormais se situe dans l'organisation non plus du soin en tant que tel mais du parcours de soin. L'entreprise travaille donc activement au développement de solutions de type portails dédiés d'une part à l'optimisation du fonctionnement entre les établissements du GHT et de l'autre à la coordination des soins entre le GHT et la médecine de ville. Entre autres. Pour cela, Accelis consacre chaque année 25% de ses facturations à la R&D, et ne s'interdit pas, si l'occasion se présente, d'opérer une croissance externe sur les secteurs de l'ingénierie médicale ou de la télésurveillance.
Convertir les libéraux
En attendant, il s'agit bien évidemment de compléter la chaîne de soin en équipant les autres professionnels de santé et en premier lieu les médecins libéraux. « Jusqu'à présent, l'usage de la télé médecine par les médecins de ville était freiné par l'impossibilité pour ces derniers de facturer un acte, explique Patrick Mallea. Or à compter de 2017, une tarification de téléconsultation devrait être généralisée pour les patients souffrant d'affection de longue durée, ce qui va radicalement changer la donne ». Car si le public visé reste limité, il concernait tout de même 10 millions de personnes en 2015, représentant 60% des dépenses totales de l'assurance maladie. Aussi Accelis multiplie-t-elle les interventions et présentations lors de congrès (cardiologues, gériatres libéraux) pour évangéliser son offre et ainsi conforter ses parts de marché avec un rythme de croissance de l'ordre de 10% par an.