« Les hommes doivent aider à promouvoir la place des femmes dans l’entrepreneuriat »
# Numérique

« Les hommes doivent aider à promouvoir la place des femmes dans l’entrepreneuriat »

Co-fondatrice de l’agence parisienne youARhere et porte-parole du mouvement pour la mixité #JamaisSansElles, Natacha Quester-Séméon évoque sur la Radio des entreprises l'entrepreneuriat féminin, notamment dans le numérique, ainsi que la French Tech.

Quel est l’objectif d’une association comme #JamaisSansElles ?
L’idée, c’est que les entrepreneurs hommes s’engagent à ne plus intervenir dans une conférence ou une table ronde s’il n’y a pas au moins une femme, sinon ils annulent leur présence. Les hommes invités à ces conférences sont souvent des personnalités très sollicitées, des experts dans leur domaine : le moyen de pression est donc important. Ce mouvement a pris beaucoup d’ampleur, notamment sur les réseaux sociaux : nous avons touché 20 millions de personnes sur Twitter parce que le hashtag #JamaisSansElles est utilisé tous les jours. Il sert à promouvoir la place des femmes dans les divers écosystèmes et à dénoncer des lieux ou événements où les femmes sont absentes. Nous contribuions à un changement de mentalité.

Le secteur du numérique semble ultra-masculin. Est-ce juste une impression ?
Cette réflexion, on se la faisait déjà il y a 10 ans. On se disait que le secteur du numérique était un nouveau monde, avec de nouvelles règles. Les freins ne sont pas les mêmes que dans notre société traditionnelle. Dans la majorité des cas, il faut une compétence technique : savoir coder ou être ingénieur. Et surtout, il y a un manque d’identification, un manque de rôle modèle qui donne envie de se lancer dans une carrière scientifique ou technique quand vous êtes jeune fille. Il faut que le monde de l’entreprise comprenne qu’il a besoin de talent, de tous ses talents, et ne pas se priver de celui des femmes.

Nous avons beaucoup parlé de la French Tech qui est censée favoriser l’éclosion de belles entreprises. Quel regard portez-vous sur cette initiative ?
En tant qu’entrepreneurs, nous ne pouvons pas dépendre de l’Etat. Nous voulons développer notre business. L’Etat a du mal à comprendre le monde des PME, et c’est pourtant là qu’est la richesse de notre pays. Pour faire des futures licornes, il faut déjà comprendre les petites entreprises.

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