Dominique Di Bello, directeur général de Lyseo, à Corbas, et président de la Fédération des entreprises de transport et logistique de France en Rhône-Alpes (TLF)*, n'hésite pas à «pousser un coup de gueule: j'en veux aux gens de Marseille, ce qu'ils font est honteux». Il estime en effet que la situation critique dans laquelle se retrouvent nombre d'entreprises du secteur en Rhône-Alpes est due aux grèves répétées du port de Marseille Fos.
Impact difficile à chiffrer
«Le premier semestre 2010 s'est relativement bien passé. Mais ça s'est gâté dès juillet avec les grèves du port de Marseille qui est le port de sortie de Rhône-Alpes. Les transporteurs se sont rabattus sur Barcelone, Anvers ou Rotterdam. Mais ça a augmenté les délais et les coûts. Ensuite il y a eu les grèves d'octobre. L'impact est difficile à chiffrer. Mais là encore, il y a eu beaucoup de temps perdu par les blocages des manifestations et la recherche de gasoil.»Dominique Di Bello déplore d'ailleurs que les problèmes d'approvisionnement aient entraîné une hausse des tarifs. «Les prix à la cuve ont augmenté de 17,77% entre la semaine 41 et la semaine 43 (entre le 11 et le 30octobre). C'est énorme! Et répercuter cette hausse à nos clients n'est pas vraiment possible.»
«Il va y avoir de la casse»
Le président révèle donc pour la fin d'année 2010 une «situation vraiment pas bonne, avec des trésoreries très tendues et des clients qui effectuent leurs règlements à 50jours plutôt que 30»
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Il estime que les entreprises, après avoir fait le dos rond en 2009, s'acheminent de plus en plus vers le dépôt de bilan. «Il va y avoir de la casse, c'est clair, ça commence à tomber. 2009 a été catastrophique. Mais sur une année, on s'en sort. Maintenant,2010 finit mal... Novembreet décembre doivent redresser la barre pour éviter les dépôtsdebilan. D'autant plus que les banques ne nous soutiennent pas.»
Interdiction de doubler sur l'A47
Autre source d'inquiétude pour les transporteurs: l'A47. «L'État veut expérimenter l'interdiction de doubler pour les camions entre Lyon et Saint-Étienne. Nous refusons! Cela créera une file ininterrompue de camions et mettra les deux villes à deux heures de distance au lieu d'une heure et quart. Ce seront encore trois quarts d'heure de perdus... Il faudrait par contre refaire cette autoroute qui est très sinueuse avec beaucoup de circulation.» Le président de TLF Rhône-Alpes souligne toutefois une note positive pour le secteur en 2011: «L'écotaxe a été repoussée à 2012, ce qui permet de ne pas nous anéantir...»
* TLF représente 16.000 entreprises du secteur en Rhône-Alpes, soit 35.000 salariés.
Le secteur des transports et de la logistique, suite à une année 2009 difficile, a subi de plein fouet les grèves d'octobre2010. Certaines entreprises risquent de ne pas s'en remettre.