Alors que l’État cherche à réduire ses dépenses, avec le risque d’une baisse de dotations des collectivités, un nouvel impôt entrera en vigueur en Bretagne au 1er janvier 2026 : le versement mobilité régional et rural (VMRR). Cette taxe sur la masse salariale des employeurs vise à financer les services de mobilité. Toutes les entreprises de 11 salariés et plus, publiques comme privées, y seront assujetties, avec un taux variable selon les zones : 0,15 % dans les territoires littoraux (bien desservis par le TER) et 0,08 % en zone rurale (notamment en Centre-Bretagne).
Un gain de 40 millions d’euros attendu
La recette sera perçue par la Région Bretagne, qui a voté l’adoption d’une telle mesure en juin. Le gain global est estimé à 40 millions d’euros par an, dont 27 millions apportés par les entreprises et 14 millions par les organismes publics. Il financera une partie de son budget transports (465 M€ en 2025), qui représente son plus gros poste de dépenses.
La Région assume le choix d’une nouvelle taxe, qu’elle présente comme un levier pour densifier le réseau BreizhGo (trains, bus, bateaux) et mieux desservir les territoires isolés. "La demande (en transports) explose et nous devons y répondre", prévient Michaël Quernez, premier vice-président en charge du climat, des mobilités, des infrastructures et des ports. Sur la partie trains, l’objectif est de passer de 400 TER quotidiens à 800 d’ici 2040. De nouvelles rames ont déjà été ajoutées cette année sur l’axe Quimper-Vannes. L’axe Brest-Lamballe sera développé en 2026. Sur la route, des circulations supplémentaires sont également prévues, "là où le car est souvent la seule alternative à la voiture".
Le Medef Bretagne à la négociation
Le Collectif des acteurs économiques bretons, qui rassemble la quasi-totalité des filières, affiche son opposition au versement mobilité dans un communiqué, et souligne : "Cette nouvelle taxe sur la production et sur l’emploi affectera la compétitivité des entreprises et contredit les politiques nationales de réindustrialisation."
En cette rentrée 2025, l’heure est au compromis. "Nous avons travaillé avec le président de Région Loïg Chesnais-Girard à trouver une alternative via une taxe de séjour additionnelle (de 2 euros par nuitée, NDLR) qui pèserait sur les touristes et non sur la compétitivité des entreprises", souligne le président du Medef Bretagne, Hervé Kermarrec. Il défend l’idée d’une "contribution touristique indolore pour les visiteurs, plutôt qu’une charge supplémentaire pour les entreprises locales". La Région serait prête à renoncer au VMRR si le projet de loi de finances 2026 prévoyait une solution de financement alternative. À défaut, elle ne renoncera pas à cette précieuse recette.
Des exceptions prévues
À noter que certaines entreprises seront exonérées du VMRR, notamment celles qui logent ou transportent une partie de leurs salariés. C’est le cas de FenêtréA, fabricant de fenêtres dans le Morbihan, qui construit actuellement 41 logements à Beignon pour son personnel.
À noter encore que les régions voisines de Normandie et Pays de la Loire ont choisi de ne pas avoir recours au VMMR. La Région île de France bénéficie, elle, Et du VMMR… Et de la taxe de séjour.