Qu’importe le report de la mobilisation nationale du Medef prévu le 13 octobre, les dirigeants, membres du Medef Morbihan et de leurs branches professionnelles, ont maintenu leur prise de parole. Face à l’instabilité politique au plus haut sommet de l’Etat, les chefs d’entreprise expriment de la colère et un devoir d’exemplarité. "Nous devons aujourd’hui nous rassembler autour de la création de valeur qui est notre bien commun. Or, actuellement, nos hommes politiques, à de rares exceptions près, se préoccupent plus de leur carrière et des prochaines élections que de ce bien commun", avance Jean-Denis Bargibant, co-dirigeant du groupe Carboman (250 salariés et plus de 30 M€ de CA). Un propos corroboré par Jérôme Permingeat, président du Medef 56, co-dirigeant de l’entreprise Le Minor (70 salariés et 4 M€ de CA), qui ajoute : "A l’échelle locale, ce n’est pas quelque chose que nous observons. Nos échanges sont bons et constructifs avec nos élus et les institutionnels."
Passée cette contextualisation, les représentants du Medef ont rappelé leur statut de "petits patrons. "Nous ne sommes pas dans le CAC 40 ici. Seules 76 entreprises morbihannaises ont plus de 250 salariés. Nous sommes des patrons de PME qui prenons des risques. Le modèle social français auquel nous sommes attachés est financé par la valeur ajoutée créée par les entreprises", poursuit Jérôme Permingeat.
"Libérez les énergies des entreprises"
La crise politique française ne laisse pas ces chefs d’entreprise sans réaction. La notion de visibilité est centrale. "L’entreprise a besoin de temps long, les coups de gouvernail tous les quatre matins, ce n’est pas possible ", résume Victor Gomes à la tête de l’entreprise Copex (34,3 M€ de CA) à Caudan. Pour Marc Capdeville, dirigeant de Baxter (450 personnes et 150 M€ de CA) à Pluvigner, "C’est avec de la stabilité que nous ferons de la compétitivité. Les entreprises sont un acteur sociétal."
Le contexte est compliqué pour les entreprises du bâtiment et de l’hôtellerie-restauration comme l’ont aussi indiqué Jean-Louis Le Maléfant et Loïc Vigo, représentants de ces secteurs.
"À l’heure où nous sommes sortis de la haute saison touristique et que nous devons préparer le futur, personne ne le prépare car personne ne le connaît." Les défaillances d’entreprise sont aussi croissantes selon Laurent Batais, président du comité des banques du Morbihan. "Chaque emploi qui disparaît, c’est la consommation qui en pâtit."
Haro aussi sur de nouvelles charges ou autres impôts de production."Aujourd’hui, il faut libérer les énergies des entreprises et ne surtout pas leur taper dessus en rajoutant des impôts de production et autres fiscalités dans tous les sens", conclut Jérôme Permingeat.