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Les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter au troisième trimestre
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Les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter au troisième trimestre

Le nombre de défaillances d’entreprises est toujours en augmentation au troisième trimestre, selon une étude d’Altares. Si certaines activités de B to C se redressent, les activités de B to B restent à la peine.

Le nombre de défaillances dans le secteur du transport de marchandises a progressé de 39 % au cours de l’été — Photo : Dzmitry

Pas de pause estivale pour les sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires en France. Le nombre de défaillances a progressé de 20 % au troisième trimestre, par rapport à la même période en 2023. Une étude d’Altares dénombre 13 400 défaillances. La plupart sont des liquidations judiciaires (69 %) et des redressements judiciaires (28 %), la procédure de sauvegarde étant très peu utilisée.

66 000 défaillances en un an

"À la fin septembre, sur 12 mois glissés, le nombre de défaillances d’entreprises établit un record à 66 000", indique Thierry Million, directeur des études Altares. Un chiffre bien supérieur à l’avant-Covid (52 000 en 2019), le nombre de défaillances en France ayant ensuite chuté du fait des aides mises en œuvre durant la crise sanitaire. Une récente étude d’Arkea estime que le pic des défaillances est loin d’être passé et ne sera atteint qu’au premier trimestre 2025.

PME et ETI fortement impactées

86 % des entreprises en défaut emploient moins de 5 salariés. Rien d’anormal à cela étant donné la composition du tissu entrepreneurial français, constitué en écrasante majorité par de petites structures. Mais ce ne sont pas les TPE qui inquiètent aujourd’hui. "Le point de vigilance porte sur la fragilité des PME et ETI dont les défauts reportent le risque sur les fournisseurs et l’emploi", assure Thierry Million, confirmant une récente étude de la BPCE.

106 PME de plus de 50 salariés et ETI sont en effet entrées en défaillance au troisième trimestre. C’est 47 % de plus sur un an et cela a des conséquences directes sur l’emploi. 52 000 emplois sont actuellement menacés par des risques de faillites, c’est 13 300 de plus que lors de l’été 2023.

Les services aux entreprises dans le rouge

Le secteur des services aux entreprises est fortement impacté. La hausse des défaillances est marquée dans les activités de conseil (+ 41 %), de commerce interentreprises (+ 40 %), de sécurité (+ 39 %) et de transport de marchandises (+ 39 %), qui est en train de traverser une crise majeure.

L’immobilier et la construction à la peine

La crise de l’immobilier se matérialise aussi avec de fortes augmentations des faillites dans la promotion (+ 85 %), les agences immobilières (+ 30 %) et la construction (+ 30 %). Dans le BTP, le gros œuvre (+ 33 %) résiste moins bien que le second œuvre (+ 16 %).

Crise dans les vignes, du mieux à l’usine

Du fait de la crise qui frappe le vignoble, notamment dans le bordelais, les entreprises liées à la vigne font face à des augmentations des défauts de 81 %. L’agriculture reste dans son ensemble fragile (+ 34 %).

Dans l’industrie, la croissance des défaillances ralentit (+ 14 %), avec même des améliorations pour la métallurgie et la mécanique (-6 %) et l’imprimerie (-38 %).

Le B to C sort un peu la tête de l’eau

Mais ce sont globalement les activités B to C, qui retrouvent le sourire avec la baisse de l’inflation. Les défaillances reculent dans les commerces de parfumerie (-12 %), d'optique (-9 %), de détail alimentaire (-7 %).

D'autres activités restent toutefois dans le rouge, comme le commerce d’habillement (+ 16 %), les commerces d’articles de sport (+ 55 %), la restauration à table (+ 16 %) et rapide (+ 26 %) et les auto-écoles (+ 70 %).

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