« Les banques nous ont lâchés d'un coup »
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« Les banques nous ont lâchés d'un coup »

David Vignal
Gérant d'Élevage Service à Grâces


Après l'incendie de 2011 qui avait détruit l'usine de Pédernec, Élevage Service a été placée en redressement judiciaire en novembre 2013. Comment en arrive-t-on à cette situation ?

« L'incendie nous a porté un gros coup au moral à peine deux ans après mon arrivée à la tête de l'entreprise. Nous avons rapidement retrouvé un local sur Grâce que j'ai souhaité acheter. Et c'est là que la machine s'est enraillée. Nos deux banques historiques, CMB et Crédit Agricole, nous ont retiré le concours court-terme qui finançait le fonds de roulement. J'ai financé avec l'aide d'amis l'achat et la rénovation du bâtiment. Il a fallu se résoudre à l'inévitable en 2013. À ma demande, pour préserver les emplois, j'ai demandé le placement d'Élevage Service en redressement judiciaire, période qui a été prolongée en avril 2014 pour six mois. »


Pourtant les finances étaient bonnes ?

« C'est incompréhensible d'autant que mes partenaires bancaires ne m'ont jamais donné les vraies raisons pour nous avoir lâchés. J'ai saisi le commissaire au redressement productif, Stéphane de Riboud, qui s'est déplacé en personne à Grâces. Les finances étaient bonnes. Le CA est passé de 2,9 millions d'euros en 2009 à 4 millions en 2013. Fin 2012, le résultat net avait atteint 100.000 euros. »


Comment se gère aujourd'hui le quotidien ?

« J'ai retrouvé un nouveau partenaire bancaire, la BPO, qui a accepté de me financer mon besoin en fonds de roulement. Aujourd'hui, il faut mettre en place un plan de continuation. Nous avons des commandes puisque nos fournisseurs comme Acemo, Fancom ou Delaval continuent de nous servir. Je n'ai pas d'animosité envers les banques. J'ai juste compris, dans notre économie actuelle, qu'il faut tout faire pour en être le moins dépendant possible. Car le jour où le robinet est arrêté subitement, c'est le début des ennuis. »



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