Les banques donnent un coup d’arrêt à la LGV Tours-Bordeaux

Les banques donnent un coup d’arrêt à la LGV Tours-Bordeaux

Le consortium bancaire de Lisea bloque les financements nécessaires à l’achèvement des travaux par crainte sur la pérennité du projet.

Le bras de fer qui oppose Lisea à la SNCF se poursuit. Depuis des mois, le concessionnaire de la future LGV Tours-Bordeaux et la compagnie ferroviaire s’opposent sur le nombre de TGV qui relieront Paris à Bordeaux à partir de l’été 2017, quand les villes seront à 2h l’une de l’autre. Le secrétaire d’Etat en charge des Transports, Alain Vidalies, et le médiateur du dossier, Jean Auroux, ont annoncé récemment que 16,5 trains directs relieront Paris et Bordeaux. Une catastrophe selon Lisea, qui comptait sur un minimum de 19 allers-retours pour engranger 250 millions de recettes annuelles en péages, et assurer l’équilibre de ses comptes. Une catastrophe qui n’a pas échappé au consortium bancaire. Celui-ci vient de couper les robinets à Lisea, inquiet que l’exploitant ne puisse rembourser sa mise de départ, à savoir 3,8 milliards d’euros (sur un projet à 7,8 milliards d’euros). Il est désormais urgent que l’Etat intervienne pour fixer de façon définitive le nombre de navettes qui circuleront entre Paris et Bordeaux en 2017 et permettre au chantier d’arriver à son terme. Soit l’Etat écoute les doléances de Lisea et augmente le nombre de trains directs. Mais la compagnie ferroviaire affirme que la ligne sera fortement déficitaire et qu’un nombre excessif de trains plombera un peu plus ses comptes. Soit il soutien la SNCF, dont il est l’actionnaire unique. Mais il prendrait alors le risque d’une défaillance de Lisea, dont l’Etat garantit 80% de la dette. Un choix cornelien.