En matière d’intelligence artificielle, la France n’est peut-être pas en mesure de dégainer 500 milliards de dollars pour financer des infrastructures comme l’Amérique de Donald Trump. Mais le pays peut compter sur un écosystème en pleine ébullition. Selon un décompte de France Digitale, association réunissant start-up et investisseurs en capital-risque, l’Hexagone compte 751 start-up spécialisées dans l’IA.
Deux start-up de l’IA sur trois sont en Île-de-France
L’une des grandes particularités de l’écosystème de l’IA tricolore reste sa forte concentration dans la capitale. Près des deux tiers des start-up de l’IA sont ainsi installées en Île-de-France. Avec une quarantaine de start-up chacune, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Région Sud parviennent à tirer leur épingle du jeu. Suivent la Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France, avec une trentaine de jeunes pousses. Les autres régions sont beaucoup moins présentes sur le marché de l’IA.
92 % des start-up recrutent
L’autre particularité de l’écosystème de l’IA tricolore, c’est son dynamisme. Le nombre de start-up a progressé de 27 % en deux ans. La France compte plus de start-up spécialisées en intelligence artificielle qu’en Allemagne (687 start-up), se gargarise France Digitale.
Dans l’Hexagone, les start-up de l’IA emploient déjà 36 000 personnes. Un effectif qui devrait s’étoffer sans attendre : 92 % des jeunes pousses de l’IA envisagent de recruter dans les douze prochains mois. Selon France Digitale, 3 500 nouveaux emplois pourraient être créés dans l’année.
Deux start-up sur trois ont déjà levé des fonds
Pour se développer, les start-up misent principalement sur les levées de fonds. Les deux tiers des entreprises de l’IA disent s’être financées de cette manière. Selon France Digitale, les start-up de l’IA auraient déjà levé pas moins de 13 milliards d’euros depuis leur création. Vingt-quatre d’entre elles ont déjà réalisé des tours de table à plus de 100 millions d’euros. C’est le cas de Mistral AI, qui développe des modèles d’intelligence artificielle générative, ou encore d’Alice & Bob, spécialisée dans l’informatique quantique.
Une start-up sur trois se dit rentable
Sans surprise, la plupart des jeunes pousses de l’IA ne sont pas encore rentables. Seule une sur trois (32 %) dit avoir atteint son point mort. Par contre, la proportion de start-up envisageant l’équilibre financier à court terme progresse. Aujourd’hui, 86 % des start-up disent être rentables ou comptent l’être sous trois ans. Il y a deux ans, seulement 50 % des jeunes entreprises de l’IA affirmaient cela.
Une clientèle de grandes entreprises et d’ETI
Les clients de ces start-up sont des grandes entreprises (34 %), des ETI (20 %), des PME (18 %) ou d’autres start-up (7 %). Les pouvoirs publics ne représentent que 16 % des clients, les particuliers moins de 4 %. La clientèle est française mais aussi internationale. Six start-up sur dix disent déployer leurs solutions en dehors des frontières.
Des marchés très variés
Les start-up sont positionnées sur un très large panel de secteurs d’activité. Le premier marché est la santé et les biotechnologies, mais elles ne sont que 13 % à cibler ce marché. Les jeunes poussent opèrent tout aussi bien dans les logiciels, la data, l’industrie, la finance, le marketing ou les RH.
Sur le plan de la technologie, elles ne sont que 43 % à utiliser l’IA générative, popularisée par ChatGPT. La majorité (47 %) développe leurs solutions en s’appuyant sur de l’IA traditionnelle, qui repose sur du machine learning ou du deep learning.
Les principaux défis des start-up de l’IA
Pour se développer, le principal défi des start-up de l’IA est l’accès aux données, disent-elles. Pour France Digital, "cela nécessite de simplifier massivement l’accès aux données publiques et protégées, en sécurisant le régime juridique applicable aux données et en harmonisant le droit européen avec les règles extra-européennes". Parmi les principaux challenges à relever pour les jeunes pousses de l’IA : la capacité à lever des fonds et la capacité à contractualiser des marchés avec les grands groupes et la puissance publique.