Racontez-nous le chemin qui vous a conduit à ce poste de DRH ?
C'est le croisement entre des opportunités et mes envies. J'ai successivement travaillé dans un cabinet de recrutement, puis aux Eaux du Nord au service recrutement, avant un passage en distribution (Lyreco) au service RH. En mars 2012 j'ai finalement eu l'opportunité de prendre la responsabilité des RH pour le groupe Leroux.
Quelles sont vos convictions en matière de RH ? Les RH sont là pour contribuer à l'efficacité de l'entreprise. Ca doit être un poste "terrain", quel que soit le secteur d'activité ou la taille de l'entreprise. C'est une fonction qui ne s'exerce pas seul, il s'agit d'être à l'écoute des clients internes : la direction, les managers et les collaborateurs, tout en faisant passer ses idées et ses convictions. Pour moi, il s'agit de savoir trouver le juste milieu entre la performance de l'entreprise et l'épanouissement des salariés. Car au final ce qui fera la différence sur le résultat, quelque soit le poste, sera la motivation et donc l'implication du personnel.
De quoi êtes-vous la plus fière pour votre entreprise au niveau de la gestion des RH ? En premier lieu ces dernières années il y a eu une grande implication dans la formation interne avec l'encouragement à la mise en place de VAE, la mise en place de parcours d'évolution interne et le développement de la polyvalence. Autre point plus récent : le focus mis sur les conditions de travail et la santé au travail notamment dans le cadre du recrutement d'un responsable sécurité. Par exemple nous nous sommes penchés sur l'ergonomie de certains postes en interrogeant les opérateurs sur ligne et en collaboration avec la médecine du travail et la CARSAT. 3ème point : nous essayons d'accompagner les plus jeunes et les " anciens ". En mettant en place une procédure d'accueil afin que les "nouveaux" ne soient pas " jetés " sur leur poste. En proposant à nos seniors des rendez-vous avec des experts de la CARSAT pour faire le point sur leur situation et leurs droits en matière de retraite. Dernier point : notre ouverture vers le handicap notamment par l'accueil de 6 à 8 salariés autistes de l'ESAT d'Orchies ; ils travaillent dans une unité de conditionnement pour des travaux minutieux. La mixité avec les travailleurs handicapés a permis de sensibiliser l'ensemble des salariés qui ont fait preuve d'une belle ouverture.
Qu'est-ce qui aujourd'hui est difficile au plan humain ?
C'est de s'assurer que l'ensemble des acteurs adhèrent à la politique RH afin qu'ils soient partie prenante. Il faut sans cesse donner du sens, convaincre qu'il y a un intérêt d'avoir cette politique RH, à la fois pour l'entreprise et les collaborateurs. Ma présence au comité de direction n'est pas pour la parité mais parce que les RH ont un vrai rôle à jouer ! Une autre difficulté dans une entreprise de taille familiale c'est de savoir jusqu'où on peut/on doit aller dans la vie personnelle des salariés quand celle-ci interfère dans sa vie pro
fessionnelle. Nous avons aussi de plus en plus de contraintes juridiques (comme l'accord sur la flexibilité) qu'il s'agit de transformer en opportunités par exemple en renforçant encore le dialogue social.
Quels défis doivent relever l'entreprise pour avoir des collaborateurs durablement motivés ?
Avoir un coup d'avance notamment avec les jeunes générations. Les leviers de motivation pour les salariés c'est savoir où l'entreprise va, savoir aussi où ils peuvent aller, c'est trouver un juste milieu entre l'autonomie et les règles à respecter, c'est aussi l'accueil et l'intégration et c'est enfin l'attachement du salarié à son entreprise, aux produits fabriqués et aux métiers qui pour certains sont spécifiques.
Qu'avez-vous déjà mis en oeuvre pour cela ?
En complément des points déjà évoqués, c'est le plus possible partager la stratégie de l'entreprise notamment à l'occasion des 2 conventions annuelles (avec les 180 collaborateurs de l'entreprise) ou par le biais du journal interne (Parole de Cossettes) qui paraît 4 fois par an). Nous organisons aussi des permanences RH dans les différents services... Nous essayons également de contribuer à la pratique sportive en aidant des associations sportives locales ou en fournissant aux salariés des places pour soutenir le club de basket d'Orchies. Au plan social nous apportons notre contribution à des places de crèches. Enfin sur un plan plus opérationnel, nous avons actuellement une personne en stage qui formalise un outil pour les managers, pour leur fournir une aide dans l'animation de leurs équipes (depuis l'intégration jusqu'aux outils pour le quotidien).
Propos recueillis par Bertrand Lepoutre
agroalimentaire. Claire Van Doorne, DRH du groupe Leroux, a reçu le Journal des entreprises. Elle revient sur ses convictions, ses missions et les défis à relever