Le constructeur de centrales solaires Cap Sud vient de lever 16,5 millions d'euros. Basé à Vaulx-Milieu (Isère), l'entreprise de 45 salariés va financer 10 mégawatt (MW) de projets photovoltaïques en France. Hyperia Finance, filiale de la Caisse d’Épargne, et Bpifrance sont les financeurs du projet à hauteur de 13.3 millions d'euros. L’enveloppe est abondée de 3,2 millions d'euros par Cap Sud, et un client toulousain, Soltice Groupe.
Ce financement vise à développer 110 centrales photovoltaïques en France sur des bâtiments agricoles existants ou en construction, via l’exploitation de leur toiture, ceci, sur une ligne allant de Lyon à Bordeaux. Ce marché concerne des centrales de 100 kilowatt-crête (Kwc). Un autre projet d’un montant de 31 millions d'euros, actuellement en discussion avec les banques, et prévu pour la rentrée 2017, vise la construction ou l’aménagement de 200 centrales supplémentaires de 100 Kwc.
Créé en 2006, par Stéphane Gilli, Cap Sud est actuellement propriétaire de 152 centrales photovoltaïques, en France, et gère en maintenance un parc de 1.004 centrales solaires. « Nous louons des surfaces de toitures ou nous construisons gratuitement des hangars agricoles, et nous rémunérons via la revente de l’électricité à ERDF. Ce parc de centrales photovoltaïques est de taille moyenne – entre 80 Kwc et 100 KWc– et d’un coût unitaire de 155.000 euros à 169.000 euros », détaille Stéphane Gilli, le président.
Une filiale à São Paulo au Brésil
En 2016, Cap Sud a généré quelque 22 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, en croissance de 15 à 20 % chaque année. La société de 45 salariés vient de recruter deux collaborateurs, dont un jeune ingénieur (un emploi appuyé par la Coface et la région Auvergne-Rhône-Alpes), dédié au développement des installations à l’international. Car, en France, le principal frein à la rentabilité des centrales solaires est « l’absence de visibilité sur les tarifs de rachat par AOA (Agence obligation achat) – 6,36 centimes d'euros par kWh en 2006, contre 11,76 centimes d'euros par kWh en 2017. D’où la quête de relais de croissance à l’étranger », assure le dirigeant.
Ainsi, Cap Sud a créé, en mai 2016, une filiale à São Paulo au Brésil. Elle prévoit une implantation prochaine à Madagascar, avec des visées sur le continent africain. Elle a également réalisé une prise de participation au sein d’une entité roumaine, sans compter différents partenariats noués en Europe.
Le business model, développé à l’étranger, est sensiblement différent du modèle français : « À l’international, nous installons gratuitement les centrales solaires et nous nous rémunérons sur une partie de l’économie générée. Nous nous engageons sur un contrat de fourniture d’électricité, et le client consomme l’énergie directement », précise Stéphane Gilli. Cap Sud assure par ailleurs l’autonomie énergétique de ses 900 m² de locaux, via un investissement de 200 000 euros.