Les Cafés Boc vont s’implanter à Angers au mois de novembre 2025. Ce sera le premier point de vente sous franchise de l’enseigne mancelle. Le dirigeant Henri Lemarié espère une deuxième signature d’ici la fin de l’année avec un futur franchisé, "et entre deux et cinq en 2026".
Plus de 90 ans d’histoire
Au Mans, Cafés Boc est une petite institution. L’enseigne de torréfaction a été créée en 1932. À l’époque, les cafés ne sont pas proposés qu’aux bars et restaurants locaux, mais aussi aux particuliers. L’avènement de la grande distribution en France va toucher au cœur l’activité, la fourniture de la CHR va également disparaître au profit de groupes spécialisés.
Quand Henri Lemarié reprend l’entreprise sarthoise en 2020, la production est équivalente à une tonne de café par mois, elle dépassait les quatre tonnes par mois lorsque son prédécesseur, Bruno Clément, s’est installé 32 ans plus tôt. L’histoire continue néanmoins, et le café de qualité a retrouvé un regain d’intérêt. "On a senti un changement lors du confinement. Les bars étaient fermés mais les gens voulaient continuer à boire du bon café. Et en allant l’acheter, ils avaient un bon motif pour sortir et pouvoir discuter avec le vendeur, raconte Henri Lemarié. Or, quand on commence à s’intéresser au café, on n’en sort plus."
Des ventes reparties à la hausse
Henri Lemarié commercialise aujourd’hui vingt tonnes de cafés torréfiés à l’année pour un chiffre d’affaires de plus de 700 000 euros. L’artisan torréfacteur est parvenu à augmenter le nombre de collaborateurs (sept actuellement) et à ouvrir une seconde boutique, toujours au Mans, en 2023. Un concept-store où il n’est pas question de vendre davantage d’épicerie ou des machines et accessoires pour le café — "cela conduit à diluer le temps que l’on peut consacrer à notre cœur de métier", argue le dirigeant.
"Nous avons décidé de consacrer plus de temps à faire de la pédagogie auprès des consommateurs. Cafés Boc a toujours proposé du café de qualité accessible à tout le monde. Mais nous proposons aussi des cafés plus spécifiques, avec des notes plus prononcées, parfois plus difficiles à boire au quotidien, davantage pour les connaisseurs. Ces différences, il faut les expliquer. Au fur et à mesure, on en vient aussi à parler des conditions de récolte en fonction des pays, des climats, des prix payés aux producteurs, etc.", poursuit le chef d’entreprise.
Jouer un rôle positif dans la filière
À 56 ans, Henri Lemarié poursuit son développement en lançant sa franchise. La marque Cafés Boc doit porter la pédagogie autour du bon café et de tout ce qu’induit l’achat, du producteur au sachet. "Cela va nous permettre d’augmenter les volumes commercialisés, donc importés, pour pouvoir jouer un rôle sur le fonctionnement de la filière. Si nous pouvons importer des containers de 30 tonnes d’Afrique de l’Est et d’Amérique du Sud, nous pourrons nous engager directement sur un prix équitable avec les producteurs." Après trente d’entrepreneuriat, le dirigeant manceau veut aussi apporter sa pierre à la préservation de l’environnement. "Le but est d’importer le café par des cargos de transport à voile fabriqués par TowT, pour avoir le moindre impact environnemental."