Leclerc Pont-l'Abbé.«Mes poubelles valent de l'or»
# Commerce

Leclerc Pont-l'Abbé.«Mes poubelles valent de l'or»

Le Leclerc de Pont-l'Abbé investit dans le développement durable. Jardinerie bio, valorisation des déchets, énergie photovoltaïque, la démarche est originale pour une GMS. Et des premières économies ont été réalisées...

Patrick Bellec est homme à faire parler de lui. Il rassemble autant qu'il ne divise. Ces derniers mois, le dirigeant du Leclerc de Pont-l'Abbé a été sous les feux des projecteurs: vélos électriques à disposition des 200 salariés d'un côté et refus du Conseil d'État d'installer une parfumerie de l'autre. Et ce n'est pas fini: l'institution doit à nouveau se prononcer pour l'extension d'une parapharmacie...




Une jardinerie bio rentable à trois ans

À la tête de l'hypermarché bigouden (3.740m²) depuis huit ans, Patrick Bellec a décidé cette fois de miser sur le développement durable. Bilan carbone, récupération des eaux pluviales et distribution de 25% des bénéfices à l'ensemble du personnel ont été ses premiers faits d'armes. L'ouverture d'une jardinerie bio en septembre (15 salariés), avec drive-in pour les matériaux lourds, est le vaisseau amiral. «Mais faire le choix de ne vendre aucun produit chimique est un risque commercial, précise Patrick Bellec. Même si l'activité est marginale par rapport à la GMS, Jardi'Leclerc représente un pari sous trois ans.» Objectif: atteindre 3M€ de CA par an. L'espace "Marché Bio" (légumes, fruits secs, vins...) est un franc succès: 25% des achats des clients y sont réalisés. Côté investissement, le centre Leclerc a déboursé près de 2,5M€ pour construire le bâtiment (3.600m²) dont 410.000€ pour 2.000m² de panneaux photovoltaïques. La vente de cette électricité produite devrait commencer en février. «Si on sort 6 à 8% de rentabilité, ces panneaux auront été un bon placement», lance le dirigeant.




800t de déchets valorisés

Car Patrick Bellec n'est pas un philanthrope. Le développement durable, il le fait autant par conviction que par intérêt économique. Le chef d'entreprise parie sur le green business: «La fiscalité carbone risque d'augmenter dans les années à venir. Il faut donc anticiper ce mouvement. Le tri des déchets, c'est rentable. On doit y être productif. Je le répète souvent aux salariés: nos poubelles valent de l'or!» Au 30août dernier, sur près de 500 tonnes de matériaux valorisés (cartons, appareils électriques, filtres à huile, polystyrène...), la GMS a dégagé 5.000 € de marge. Un début. À partir du 1erjanvier, ce montant augmentera naturellement. L'hypermarché s'est en effet doté d'une machine espagnole (120k€) capable de traiter 130 tonnes de produits organiques (pain, viande poissons, fruits et légumes), non valorisés à ce jour. Le processus donne lieu au final à du compost made in Pont-l'Abbé. «Si ça marche, j'espère le vendre à la jardinerie», conclut Patrick Bellec.

# Commerce