L’échec entrepreneurial est "une opportunité d’apprendre" pour une majorité de dirigeants
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L’échec entrepreneurial est "une opportunité d’apprendre" pour une majorité de dirigeants

Une étude de Bpifrance Le Lab sur l’échec et le rebond entrepreneurial révèle qu’échouer demeure un tabou pour les dirigeants. Mais une fois la tempête passée, il s’agit aussi d’une opportunité d’apprendre en développant de nouvelles expertises.

Bpifrance Le Lab a réalisée une étude auprès d’environ 900 dirigeants, dont la moitié a vécu une procédure collective ou amiable. 75 % des dirigeants interrogés ont vécu l’échec de leur société comme une opportunité d’apprentissage — Photo : zmijak - Fotolia

Face à l’échec de leur entreprise, les dirigeants et dirigeantes y voient une possibilité d’apprendre. C’est ce que révèle une étude de Bpifrance Le Lab, réalisée auprès de 883 dirigeants dont la moitié a vécu une procédure collective ou amiable. 75 % des dirigeants interrogés ont vécu l’échec de leur société comme une opportunité d’apprentissage. Après l’échec, 64 % ont adopté une posture plus prudente face au marché.

Gagner en légitimité avec le rebond entrepreneurial

Pour rebondir, l’étude relève que "l’acquisition accélérée de compétences" est un outil. La professionnalisation de la gestion, la meilleure maîtrise des outils financiers et juridiques, une capacité accrue à anticiper les risques et une meilleure compréhension des outils d’aide et d’accompagnement sont cités comme pistes d’apprentissage.

La période du rebond peut donc devenir "un véritable capital de légitimité, à condition d’être reconnu et accompagné", indique Bpifrance Le Lab. Le rebond n’est cependant pas immédiat car "un dirigeant sur deux met plus de six mois à se remettre de l’épreuve".

L’échec demeure un tabou

Avant un échec entrepreneurial, les dirigeants ont une mauvaise connaissance des acteurs qui peuvent leur venir en aide. "Le tribunal est perçu comme un lieu de sanction et l’échec comme une faute personnelle", précise l’étude.

L’échec reste en effet un tabou car 77 % des dirigeants n’ayant pas connu de procédure collective estiment qu’échouer est dû à des erreurs de gestion. Cette proportion tombe à 53 % chez les dirigeants qui ont traversé une procédure collective.

Un risque peu anticipé

L’échec étant perçu comme une faute personnelle, les dirigeants anticipent mal cette éventualité. Ils ont tendance "à nier les difficultés et refuser l’aide extérieure", selon l’étude. Dans les entreprises de moins de 10 salariés, les dirigeants ont ainsi tendance à puiser dans leurs ressources personnelles en ne se versant pas de salaire plutôt que de faire appel à l’emprunt ou à la renégociation des créances.

La méconnaissance des dispositifs d’aide, la perception du tribunal comme lieu de sanction "précipite l’échec alors que des procédures amiables et collectives, saisies en temps utile, accroîtraient les chances de rebond", relève encore Bpifrance Le Lab.

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