Chiffre d’affaires doublé tous les cinq ans, un exercice 2024 clôturé à 24 millions d’euros : Océplast accélère. Déjà portée à 75 % par ses produits d’aménagement extérieur — clôtures, terrasses, portails —, la PME vendéenne fondée en 2002 mise désormais sur le lancement de sa nouvelle gamme de bardages Ocewood pour générer 5 millions d’euros de ventes d’ici à 2027. Fabriqué à partir de PVC recyclé et d’anas de lin (les fibres courtes de la plante), ce nouveau bardage se positionne comme une alternative durable et esthétique au bois traditionnel. Sa fabrication repose sur une technologie d’impression brevetée — "Texture" — développée en interne. Intérêt : cette technique reproduit fidèlement les nuances et le relief du bois, sans en subir les contraintes d’entretien.
10 millions de mètres carrés de bardages par an posés en France
Cette gamme de produits est destinée au marché résidentiel individuel, un segment stratégique boosté par les enjeux de rénovation énergétique et soutenu par MaPrimeRénov'. Le marché représente plus de 10 millions de mètres carrés posés chaque année en France. La nouvelle gamme vise à s’imposer comme une référence durable et innovante en aménagement extérieur. "Nous avons un gros enjeu sur ce lancement qui sera un fort relais de croissance", explique Nathalie Gamby, ex-cadre du groupe Vorwerk qui a pris la direction de l’entreprise en 2023.
5 millions d’euros pour accroître les capacités de production
Cet objectif de croissance est soutenu par un plan d’investissement industriel de 5 millions d’euros destiné à accroître ses capacités de production et à moderniser l’atelier d’extrusion. Profitant d’une bonne réserve foncière – l’entreprise compte 7 000 m² de bâtiment sur un terrain de deux hectares – Océplast va étendre sa surface de production.
"Nous allons ajouter six lignes d’extrusion et créer une seconde ligne d’impression", détaille notamment Nathalie Gamby. En revanche, aucun investissement en recrutement n’est prévu cette année. L’entreprise, qui a progressivement augmenté ses effectifs pour atteindre 75 salariés en 2024, envisage cependant de renforcer ses compétences internes, notamment sur les métiers en tension comme l’extrusion. Au-delà de ses objectifs de croissance, Océplast s’attache également à renforcer son engagement environnemental.
L’éco-responsabilité au cœur de la stratégie
C’est le deuxième enjeu pour cette entreprise de plasturgie éco-responsable : continuer à travailler sur l’économie circulaire et l’éco-conception. Forte de sa production intégralement réalisée en France, Océplast garantit la qualité de ses produits d’aménagement extérieur grâce à la certification Origine France Garantie. Depuis 2014, grâce à de forts investissements en R & D de ses fondateurs, Bertrand Dubin et Stéphane Coutand, la PME a remplacé le PVC vierge par du PVC recyclé.
Outre le lancement de son nouveau bardage, "d’autres projets sont aujourd’hui en couveuse", assure la directrice générale de l’entreprise. Dans cette dynamique, l’intégration du lin constitue une avancée majeure. Océplast valorise en effet un déchet agricole local — les anas de lin — issu d’un bassin de production parmi les plus importants de France : la Vendée. "On valorise un déchet agricole de proximité tout en réduisant l’impact environnemental de nos produits", explique la dirigeante. Cette matière première renouvelable, intégrée dans le cœur composite des profilés, illustre pleinement la logique d’économie circulaire qui guide les choix de l’entreprise.
Ressource cultivée en proximité et ambition internationale
Sa logique de circuit court renforce la position d’Océplast dans le Grand Ouest, un territoire jugé "ultra dynamique" par Nathalie Gamby. Très implantée en Vendée et en Loire-Atlantique, l’entreprise étend progressivement sa présence à d’autres régions françaises, tout en préparant une montée en puissance à l’international. Pour l’heure, elle commercialise ses produits en France, Belgique et Suisse. " On y va étape par étape : on renforce d’abord notre présence sur le territoire national, c’est l’enjeu numéro un ", souligne-t-elle. D’ici à cinq ans, elle ne cache pas ses ambitions internationales, notamment sur les marchés nordiques où la demande est prometteuse.