Le président du Medef Patrick Martin présentait ses vœux lundi 12 janvier 2026 en soirée dans l’enceinte du Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris. L’occasion pour lui d’enfoncer le clou de son discours prononcé lors de la REF (Rencontre des entrepreneurs de France, l’Université d’été du Medef), le 27 août 2025 au stade Roland Garros.
Le patron des patrons a en effet confirmé, presque mot pour mot, sa montée en ligne politique estivale quand se profilaient les débats budgétaires. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer, aux dires de Patrick Martin qui répète sa volonté de peser sur le débat public par le parler vrai.
Apprentis sorciers
Dénonçant une nouvelle fois une séquence budgétaire désespérante, fustigeant des députés qui jouent aux apprentis sorciers à l’heure où le Parlement étudie à nouveau le projet de loi de finances 2026, Patrick Martin égrène, sans surprise, les reproches que la sphère économique adresse aux politiques. "La France a besoin d’un projet et d’un élan et pour cela, il faut prendre un peu de recul alors que la dette publique s’alourdit chaque trimestre de 70 milliards d’euros", met en garde le président du Medef qui dénonce l’absence d’économies sur les dépenses sociales du pays dans la loi de financement de la Sécurité sociale adoptée.
Incertitude sur la baisse de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises), surtaxe de l’impôt sur les sociétés, rabotement des allègements de charge… : "J’exprime une totale incompréhension face à ces choix démagogiques et économiquement dangereux à l’inverse de ce que font nos concurrents", stigmatise Patrick Martin. "Des choix que nous allons tous devoir payer, ménages et entreprises", avertit le président du Medef qui note cependant que "les entreprises tiennent, malgré le système plutôt que grâce à lui".
Erreur stratégique
La remise en cause de la politique de l’offre est une erreur stratégique, insiste Patrick Martin qui vilipende à nouveau la taxe Zucman, la suspension de la réforme des retraites et de la réforme de l’assurance chômage, ou "la thèse d’une pénibilité au travail généralisée". Il faut selon lui "que la parole politique retrouve sa fiabilité", surtout pour la jeunesse qui n’est pas suffisamment prise en compte aujourd’hui dans le débat public alors que les choix politiques qui sont faits sont "des choix égoïstes qui préservent les rentes".
Pacte pour la jeunesse
Comme il l’avait déjà fait l’été dernier à la REF, Patrick Martin appelle à "réparer le lien entre la jeunesse et la société" en réaffirmant l’ambition du Medef de diviser par deux le taux de chômage des jeunes. Avec, par exemple, un "Manifeste pour l’apprentissage […] signé par l’ensemble des universités et des grandes écoles".
Ce "pacte pour la jeunesse", que le Medef appelle de ses vœux "clair, ambitieux, évalué et inscrit dans la durée", pourrait déboucher sur une grande négociation entre partenaires sociaux. Sur la table "un choc d’orientation dès le collège", une sécurisation "dans la durée" des règles et des financements de la formation en alternance, "un droit réel à la formation tout au long de la vie, simple, accessible, orienté vers les compétences utiles", des mesures sur le "logement", "la mobilité, "l’accès au premier emploi…
À un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle, le patron du Medef entend bien peser sur le débat public en affirmant "une ambition, une détermination, un engagement".