« Nous subissons la crise du BTP et des travaux publics car en tant que filière minérale nous sommes en amont de la filière construction. Les chiffres régionaux sont alarmants. -12% sur les livraisons de granulats depuis le début d’année et -10% sur l’activité béton prêt à l’emploi! Avec des perspectives loin d’être rassurantes car l’aggravation des chiffres s’est fortement fait ressentir entre juin et octobre».
La variable intérim
«Pour le moment, les entreprises ont joué avec des emplois intérimaires sur lesquels on peut encore s’adapter mais cela reste vrai lorsque les baisses d’activités atteignent -5%, pas sur des baisses aussi importantes qu’en ce moment. À présent, on commence à entendre des entreprises qui prévoient de restructurer. Une fois le volant intérimaire impacté, -20% dans le secteur du bâtiment, c’est significatif pour la suite en terme d’emplois fermes. Avec de tels chiffres, on peut se demander jusqu’où peut tomber le secteur du bâtiment, voire s’il pourrait s’écrouler complètement?! Dans les travaux publics, les carnets de commandes de nos clients n’ont pas plus de trois mois de visibilité. On entre dans une période très compliquée. Nous dépendons énormément des collectivités locales et avec leurs inquiétudes sur les financements, les dotations de l’État et la réforme territoriale, la variable d’ajustement c’est l’investissement, avec un impact direct sur notre activité».
La réglementation
«Tout ceci arrive dans le même temps où l’on parle de surenchère environnementale. Notre activité était déjà soumise à de fortes contraintes administratives mais la réglementation continue de s’enrichir. Ainsi du schéma de cohérence écologique destiné à protéger la biodiversité, ce à quoi nous sommes favorables et pour lequel nous nous mobilisons mais derrière, des objectifs indicatifs deviennent prescriptifs et se traduisent par des restrictions à l’accès de la ressource minérale. Ce qui représente une menace pour la pérennité de nos entreprises et des emplois. Il faut que les nouvelles réglementations ne se transforment pas systématiquement en interdictions formelles, sinon c’est la porte fermée au développement de l’activité! C’est la surinterprétation de la réglementation qui pose problème. Il faut donc renforcer le dialogue avec les acteurs locaux».
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Le Président de l’Unicem Normandie (Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction), Geoffroy Colin, s’inquiète de la situation du BTP et des travaux publics et demande des réglementations moins restrictives pour son activité.