La conjoncture dans les secteurs de la plasturgie et de l’automobile n’a pas épargné le plasturgiste Sarplast Industrie à Sarreguemines (Moselle). Actuellement en plan de continuation sur dix ans suite à un redressement judiciaire en 2019, l’entreprise n’en a pas moins maintenu ses ambitions. Elle bouclera en 2025 un plan d’investissement de 4,5 millions d’euros destiné à optimiser et robotiser ses procédés. Le programme mis en place sur cinq ans bénéficie du soutien du Plan de relance automobile à hauteur de 1,3 million d’euros et de la société régionale de financement Sodiv via un prêt participatif de 250 000 euros.
Christian Guindon, le président de cette PME de 90 personnes (16,5 millions d’euros de CA en 2024), conserve son optimisme, malgré un contexte économique anxiogène : la fermeture du site voisin de son concurrent Plastivaloire en 2022 à Creutzwald (Moselle) a notamment été perçue comme un signal négatif par ce Nantais d’origine.
Reprise avec l’appui d’un fonds d’investissement
Chez Sarpast, ce diplômé d’une école de commerce a concrétisé son rêve de diriger une PME industrielle, après onze ans de carrière chez le géant verrier AGC à Bruxelles. Avant de tomber sur la pépite sarregueminoise fondée en 2000, le chef d’entreprise avait passé deux ans à éplucher les dossiers de reprise. Christian Guindon a pu racheter la société en 2012 grâce à l’appui du fonds parisien UI investissement dont il a repris les parts il y a quatre ans.
Tout n’est pas sombre sous le ciel économique lorrain. La PME bénéficie du volontarisme de l’usine Renault Sovab de Batilly (Meurthe-et-Moselle) qui cherche à jouer, quand c’est possible, la carte de la proximité avec ses fournisseurs. L’entreprise de plasturgie fabrique ainsi la totalité des baguettes latérales de protection du fourgon Renault Master assemblé à 100 km de son siège.
Marché de sous-traitance sur douze ans
Le sous-traitant a vu récemment son contrat avec le constructeur français renouvelé pour douze années supplémentaires afin d’équiper la nouvelle version du véhicule élu "Fourgon de l’année 2025" à l’occasion du salon IAA Transportation de Hanovre. "Ce marché nous donne davantage de visibilité par comparaison à un contrat similaire pour un véhicule de tourisme dont la durée ne dépasse pas sept ans. Le Master est par ailleurs bien positionné commercialement, à raison de 150 000 exemplaires vendus par an", se félicite Christian Guindon.
Opportunités de diversification outre-Rhin
Avec 40 % de son chiffre d’affaires réalisé dans le secteur automobile, Sarplast reste cependant très dépendant de ce marché. Sa situation frontalière incite par conséquent l’entreprise à rechercher des opportunités de diversification outre-Rhin.
Sarplast y met en avant la grande diversité de son parc de presses à injection : des machines dont la force de fermeture démarre à 50 tonnes pour aller jusqu’à 1 800 tonnes. Cette amplitude, peu commune, lui permet de produire une large palette de dimensions, de quelques grammes à plusieurs kilos. Et entrer sur le marché aéronautique ? Le dirigeant y pense. Son entreprise explique-t-il en a la capacité, "mais cela nécessiterait de lourds investissements en vue d’obtenir les homologations". L’entreprise préfère se concentrer pour le moment sur son nouveau chantier, celui de la décarbonation de son site et de la réduction de ses déchets.