Le "made in France" est trop cher pour convaincre les acheteurs européens
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Le "made in France" est trop cher pour convaincre les acheteurs européens

Une étude de Rexecode et Skema Business School, publiée le 17 mars, dresse un bilan contrasté de la compétitivité des produits français à l’export. Si la France tient encore sa place dans l’habillement, elle recule nettement dans l’agroalimentaire et la pharmacie, faute d’un rapport qualité-prix jugé acceptable par les importateurs professionnels.

Le made in France trouve difficilement sa place en termes de compétitivité face à ses concurrents européens — Photo : Sylvain Robin

Le "made in France" serait trop cher, selon une étude de l'institut d'études économiques parisien Rexecode et de l'école lilloise Skema Business School, publiée le 17 mars. Si les produits fabriqués en France sont appréciés, surtout dans certains secteurs, ils sont jugés trop coûteux. Un constat qui dessert les produits français face à ceux de ses voisins européens.

Pour déterminer ces constats, l’étude se base sur une enquête réalisée auprès de 480 acheteurs professionnels de six grands pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni).

La qualité des produits français reconnue

Sans prendre en compte les prix, la France confirme pourtant "un positionnement solide, se classant sur le podium pour les produits agroalimentaires, les produits pharmaceutiques et d’hygiène beauté et l’habillement et accessoires", d’après Rexecode et Skema Business School.

Dans l’habillement, les acheteurs européens apprécient la qualité des produits, dans la beauté et le pharmaceutique, l’innovation est jugée positive, tout comme dans les produits agroalimentaires.

Mais sur une longue période, la qualité est jugée en recul et "s’érode fortement entre 2022 et 2026 dans tous les secteurs, à l’exception de l’habillement et accessoires dans lequel la France maintient sa deuxième place", selon l’étude. La pharmacie, l’hygiène et la beauté et les produits agroalimentaires connaissent un recul marqué.

Un rapport qualité-prix défavorable

Les importateurs jugent sévèrement le rapport qualité-prix des produits français. "En 2026, aucun secteur français ne parvient à se classer dans la première moitié du classement [des pays] en rapport qualité-prix, signalant une inadéquation croissante entre l’offre globale et les attentes des importateurs", analysent les auteurs de l’étude.

Le rapport qualité-prix est même jugé "médiocre" dans l’agroalimentaire, la pharmacie, l’hygiène et la beauté. Il atteint même "un niveau critique" pour l’habillement et les accessoires, qui chute au 9e rang sur 10 pays.

L’Allemagne plus compétitive

Face aux résultats des produits français, les produits allemands sont jugés plus compétitifs, même si leurs prix sont élevés. L’Allemagne devance ainsi la France sur la majorité des critères comme la qualité et le rapport qualité-prix. L’Italie fait aussi figure de concurrent pour la France est la devance notamment sur le critère de l’ergonomie et du design des produits.

+ 6 %

Selon l’étude Skema-Rexecode, ces résultats sont cohérents avec les chiffres du commerce extérieur. Dans le secteur de l’habillement et des accessoires, la part de la France dans les exportations européennes est passé de 12 % à 18,6 % entre 1995 et 2024.

Face à ce bon résultat, le repli des exportations françaises dans l’agroalimentaire, la pharmacie, l’hygiène et la beauté se retrouve dans les résultats de l’enquête. Dans l’agroalimentaire par exemple, la part de la France au sein des exportations agroalimentaires européennes est passée de 19,8 % en 2000 à 11,7 % en 2023.

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