L’heure est au recentrage pour le groupe morbihannais Rocher (13 500 salariés et 2,2 Md€ de CA). Après plus de 18 mois de transformation avec notamment la vente de son usine de Ploërmel, le groupe indique amorcer la deuxième phase de sa stratégie comme l’explique Jean-David Schwartz, directeur général exécutif du groupe. "Nous avons franchi avec succès, au cours des dix-huit derniers mois, une première étape décisive de redressement financier et de transformation de nos modèles d’affaires pour gagner en performance. Aujourd’hui, nous avons les moyens financiers pour insuffler une nouvelle dynamique, en concentrant nos investissements pour développer le potentiel de nos marques de soin, beauté et bien-être."
Petit Bateau et Stanhome mis en vente
Cette orientation a pour conséquence d’enclencher un processus de vente des marques dédiées à l’enfance et à l’entretien de la maison que sont Petit Bateau (dont l'atelier usine est basé à Troyes dans l'Aube) et Stanhome. Ces deux marques pèsent respectivement 12 et 9 % de son chiffre d’affaires global. "Le groupe prendra le temps d’examiner les options de reprise qui pourront offrir à ces deux marques un avenir solide, avec des interlocuteurs animés par une vision de croissance et de pérennité", commente le groupe dans un communiqué.
Focus sur ses métiers historiques
Ces choix de cession ont pour but de positionner le groupe sur son cœur d’expertise qu’est la cosmétique végétale. Concrètement, il se recentre sur ses quatre marques : Yves Rocher, numéro 1 en France en valeur et en volume sur le marché de l’hygiène beauté, Arbonne, Sabon et Dr Pierre Ricaud, trois marques positionnées sur des compositions à base de plantes et autres actifs naturels.
Des investissements doublés
Cela va se traduire par un investissement supplémentaire de 100 millions d’euros sur quatre ans. Le groupe annonce augmenter ses budgets d’investissement de 50 %. Sur le plan financier, cette deuxième phase de la feuille de route doit permettre au groupe de continuer à "créer de la valeur", avec pour objectif, dans les cinq prochaines années, "de doubler son Ebitda, après une hausse de 25 % au cours des dix-huit derniers mois". Le groupe s’engage également à avancer sur ses deux autres priorités : "améliorer l’attrait de nos produits et renforcer notre engagement pour la nature".
De la France à l’international
Ces plans incluent l’expansion du réseau de distribution et la rénovation de 200 boutiques Yves Rocher en France. De même, plus de 150 nouvelles boutiques Yves Rocher vont ouvrir en Asie et au Moyen-Orient.
Vingt nouvelles boutiques verront le jour sous l’enseigne Sabon au Japon. La distribution s’étendra aussi dans des aéroports et gares. Le groupe entend se renforcer sur ses réseaux de vente omnicanale notamment en France, en Italie, en Asie et aux États-Unis. Tout cela va s’accompagner d’une augmentation "significative" des investissements en médias et communication pour mieux faire connaître les savoir-faire et le modèle du groupe.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la stratégie globale du groupe Rocher visant à renforcer sa position sur le marché de la cosmétique durable et à accélérer son expansion internationale, particulièrement en Asie.
Le groupe Rocher renforce son conseil d’administration
Par ailleurs, le groupe Rocher annonce l’arrivée de deux nouveaux administrateurs indépendants dans son conseil d’administration : Paul Polman et Élisabeth Sandager. Paul Polman, ancien PDG d’Unilever (2009-2019), "est reconnu pour avoir intégré le développement durable au cœur de la stratégie d’entreprise", note Bris Rocher, président du groupe.
Élisabeth Sandager, ex-global brand président d’Helena Rubinstein, apporte son expertise dans le développement de marques, notamment dans le domaine des soins et de la beauté. "Sa connaissance approfondie des marchés asiatiques sera un atout pour le développement du groupe dans cette région", conclut Bris Rocher.