L’usine SNV Savigny-Volabraye, appartenant au groupe sarthois LDC, est spécialisée dans l’abattage-découpe de dindes. Ce site du Loir-et-Cher, à la frontière de la Sarthe près de Saint-Calais, fait l’objet d’un plan de recrutement massif de 150 CDI. L’usine emploie actuellement "environ 390 CDI, 35 CDD et entre 100 et 250 intérimaires en fonction des besoins saisonniers", indique le directeur du site, Pierre-Antoine Véquaud.
Cette variation du nombre de postes temporaires dans l’année dépend surtout de l’activité de produits élaborés. Cet atelier réalise entre 3 500 et 4 500 tonnes de plats en viande crue de dinde, mais aussi de poulet, lapin ou encore canette et chapon pour les fêtes. "Nous voulons essayer de rendre cette production plus linéaire dans l’année", confie le directeur.
Une hausse de production de 50 %
Mais ces 150 embauches ne sont pas dues à l’activité de transformation, relativement stable d’année en année. Ces créations de postes sont incitées par l’abattage-découpe de dindes, dont les volumes vont fortement progresser d’ici un an. "Aujourd’hui, notre rythme hebdomadaire est de 54 000 dindes standard, à la fin 2025, nous passerons à 70 000 dindes par semaine", annonce Pierre-Antoine Véquaud.
Pas de lien avec la fermeture de Blancafort
Le plan de recrutement n’est pas une conséquence de la fermeture annoncée en mars prochain du site de Blancafort (Cher), également spécialisée dans la dinde, selon le directeur. En revanche, SNV Savigny-Volabraye va récupérer l’activité dinde du site majeur de La Chapelle-d’Andaine, dans l’Orne à la frontière mayennaise, qui va être spécialisé dans le poulet standard. Le site Fourmis fait l’objet d’un des plus gros chantiers ces trois dernières années du groupe LDC (6,2 Md€ 2023-2024, 25 000 collaborateurs).
Des volumes liés aux projets dans l’Orne et la Mayenne
Ce sont près de 40 millions d’euros qui y sont investis pour doubler les capacités d’abattage de l’usine ornaise à 800 000 poulets par semaine et tripler celles de la découpe à 600 000 poulets par semaine. Ces montants sont proches de ceux engagés à Laval pour augmenter là aussi les cadences en production de poulets et relativement similaires aux investissements sur le site Ramon de Javron-les-Chapelles, également en Mayenne, en cours de spécialisation dans les poulets lourds destinés à la restauration.
Ces choix illustrent le marché des différents segments de la volaille, justifie Pierre-Antoine Véquaud : "Le poulet est la seule viande dont la consommation est en progression continue. Alors qu’en dinde, l’activité est passée de 2 millions d’unités par semaine en France il y a vingt ans, à 550 000 par semaine aujourd’hui."
Une usine déjà taillée pour ces volumes
SNV Volabraye bénéficie d’environ "trois millions d’euros d’investissements par an". En 2024, un plan de deux millions d’euros a été bouclé sur la mise en place de quatre désosseuses automatiques, auquel s’ajoute l’achat de nouvelles portionneuses de filets, pour 550 000 euros, et d’une nouvelle conditionneuse sous vide. Tous ces équipements font gagner du temps et améliorent la sécurité et les conditions de travail des salariés.
Le prochain volet d’investissements sera plus élevé, sans pour autant nécessiter de dépasser les dix millions d’euros. "L’usine est industriellement taillée pour absorber les nouveaux volumes. Les investissements réalisés en 2000 et 2017 notamment, avec une extension pour les expéditions, et une augmentation des lignes de découpe et de conditionnement ont été réalisés à l’époque pour gérer ce type de volumes. L’activité a ensuite diminué, du fait d’une baisse de la consommation. Donc, nous n’avons pas besoin de 3 000 m2 en plus, mais davantage d’avoir une réflexion sur les flux et l’organisation de la production pour saturer l’outil", explique Pierre-Antoine Véquaud.
Des bassins d’emploi sarthois concernés
Pour recruter, le directeur compte sur la mobilité interne, sur la LDC Académie qui forme au sein de l’entreprise aux métiers en tension et sur une communication auprès des établissements d’enseignement du secteur comme le Lycée agricole de Vendôme, dans le Loir-et-Cher. Il y a aussi un vivier d’actifs libres dans les bassins d’emploi de l’est de la Sarthe où le taux de chômage (7,5 %) est plus élevé que dans le reste de la région. Mais Pierre-Antoine Véquaud mise surtout sur les opérations lancées en local avec France Travail et les collectivités.