C’est à Mouvaux que se trouve le berceau historique d’Etam, une entreprise familiale et centenaire de prêt-à-porter. En 1936, la toute première usine du groupe y voit le jour, lancée par Martin Milchior. Au fil des années, les métiers du groupe évoluent et à Mouvaux, la fabrication cède peu à peu la place à la conception de produits. « Les bâtiments ont un peu vieilli, ce qui nous a poussés à installer ces activités deux kilomètres plus loin, à Marcq-en-Barœul », déclare Laurent Milchior, gérant du groupe Etam et petit-fils du fondateur. Fin mars, le groupe a donc inauguré son tout nouveau " Tech Center ", qui a pris place dans un bâtiment de 1.900 m² appartenant à son voisin, le groupe Holder. L’investissement consenti n’a pas été communiqué. Aucune indication n’a été donnée sur le devenir des locaux de Mouvaux, dont le groupe est propriétaire, et où il ne reste actuellement qu’une zone de stockage.
Un outil nordiste de R&D
Véritable outil de R&D du groupe Etam, ce Tech Center emploie 60 salariés. Il est le lieu où sont réalisés les prototypes du groupe Etam : il peut s’agir de l’idée d’une styliste transformée en produit avant la sélection de ceux qui seront mis en magasins, de prototypes pour la mise en production ou de prototypes pour les défilés. Opérationnel depuis le 17 février, ce nouveau Tech Center s’élève sur deux étages. Au rez-de-chaussée se trouve le service approvisionnements, qui achète les matières pour Etam lingerie essentiellement - près d’un million de pièces à l’année - avant que ne soit lancée la production au Maghreb. Les tissus achetés viennent quant à eux d’Europe et d’Asie. « Nous travaillons beaucoup avec Noyon Dentelle », note Emmanuelle Duez, directrice des achats chez Etam lingerie. Le groupe a d’ailleurs pris une participation il y a quelques semaines, chez le dentellier calaisien, alors en difficultés. « C’est une prise de participation amicale car nous travaillons moins avec Noyon Calais qu’avec Noyon Sri Lanka », souligne en souriant Marie Schott, directrice générale du groupe Etam. Elle complète : « En tant qu’enseigne de lingerie, nous avons le devoir d’aider car la dentelle fait partie de notre ADN. C’est important pour nous de contribuer à sauver un site et ses emplois mais nous allons continuer à travailler avec tous les autres dentelliers ». À l’étage se trouve cette fois l’espace couture. C’est là que sont reçus les dossiers des 25 stylistes du groupe, tous basés au siège, à Clichy. Une fois reçus, leurs éléments sont transformés en patrons puis les prototypes sont montés. « Grâce au Tech Center, nous pouvons aller très vite sur les tendances. Entre la sélection d’une pièce en corseterie et son arrivée en magasin il se passe quatre à cinq mois, ce qui est rapide dans nos métiers. Et sur certains produits, cela peut aller encore plus vite », souligne Marie Schott. Quelque 400 modèles en corseterie sortent chaque année de ce Tech Center.
À la conquête de la Chine
Le groupe Etam (marques Etam, Undiz et 1.2.3) emploie 14 000 ETP dans le monde, dont 3 000 en France. Le groupe est présent dans 51 pays, gérés depuis l’Europe, et en Chine où il réalise 30 % de son chiffre d’affaires avec 2.600 magasins (contre 800 en France). En 2016, le groupe Etam affichait un chiffre d’affaires d’1,3 milliard d’euros, stable par rapport à l’exercice précédent. « Nous sommes en croissance de 10 % sur l’ensemble des pays gérés depuis l’Europe et en décroissance en Chine, en raison du taux de change et d’ajustements sur les magasins », explique Laurent Milchior. Jusque-là, le groupe était essentiellement présent en prêt-à-porter en Chine. Il mise aujourd’hui sur ses magasins de lingerie pour s’y développer. Après y avoir ouvert en novembre 2015 un premier magasin de lingerie, 25 doivent voir le jour cette année, sur le modèle des magasins européens. « Nous voulons faire de la Chine notre deuxième marché après la France d’ici trois à quatre ans », note Laurent Milchior, qui passe une semaine par mois à Shanghai. En Europe cette fois, le groupe a ouvert une centaine de magasins en 2016, toutes marques confondues. Un rythme qui devrait d’ailleurs se poursuivre en 2017 selon le gérant. Enfin, en France, le groupe mise sur l’agrandissement de la surface de ses magasins de lingerie.