Grand Est
« Le Grand Est incarne la diversité et la vitalité de l’innovation française en santé »
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Charles-Édouard Escurat directeur général de l’Agence de l’innovation en santé « Le Grand Est incarne la diversité et la vitalité de l’innovation française en santé »

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Créée en 2022, l’Agence de l’innovation en santé (AIS) pilote le volet santé du plan France 2030. Sous l’égide du Premier ministre et rattachée au Secrétariat général pour l’investissement, elle agit comme guichet unique pour les start-up, PME et laboratoires engagés dans la santé du futur. Sa cinquième étape du Tour de France de l’innovation en santé se tient à Strasbourg le 6 novembre 2025.

Charles Édouard Escurat, directeur général de l’Agence de l’innovation en Santé (AIS) — Photo : DR

Quelle est la mission de l’Agence de l’innovation en santé (AIS) ?
L’AIS, c’est une équipe resserrée d’une quinzaine d’experts, chacun spécialiste de son domaine, de la bioproduction à la santé numérique. Notre rôle est d’accélérer le passage de l’idée au soin, en accompagnant les innovateurs à chaque étape : financement, essais cliniques, industrialisation, accès au patient. Nous agissons en coordination avec le ministère de la Santé, celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et le ministère délégué à l’Industrie.

Quels sont les grands axes de travail ?
Nous intervenons sur des champs variés : les médicaments de thérapie innovante, les blocs opératoires de demain, les organes sur puce, les interventions sur le vivant ou encore la santé numérique. Il s’agit de soutenir l’innovation technologique, mais aussi le management, la formation et l’attractivité des filières. L’objectif est clair : faire émerger des acteurs capables de produire en France et de renforcer notre souveraineté sanitaire et industrielle.

Pourquoi une étape à Strasbourg ?
Le Grand Est est un territoire emblématique. Il concentre un écosystème complet : recherche académique, hôpital universitaire, pôles de compétitivité comme BioValley France, et un tissu dense de start-up. C’est aussi une région très présente dans France 2030, avec 58 lauréats pour 138 millions d’euros d’aides dans le domaine de la santé. La dynamique locale sur les biothérapies est remarquable, tout comme les projets de tiers-lieux d’expérimentation numérique, à l’image de Care Alsace.

Quels sont les résultats concrets du plan France 2030 ?
L’effet de levier est fort : 13 emplois créés par million d’euros d’aides et 1,11 euro d’investissement privé pour chaque euro public investi. En 2024, 52 % des financements sont alloués à des acteurs émergents, principalement des PME et des start-up. Nous voyons aussi la montée en puissance de la production GMP et des chaires d’excellence comme celles de Roméo Ricci ou Axel Weixlbaumer à Strasbourg.

Quels freins persistent dans le parcours de l’innovateur ?
La simplification reste un enjeu majeur. Nous travaillons à fluidifier les procédures, notamment sur la circulation des échantillons biologiques et la rapidité des avis réglementaires « Go / No Go ». L’objectif est d’éviter que les jeunes entreprises ne s’épuisent dans les démarches administratives. Des évolutions législatives sont d’ailleurs en cours, avec des navettes parlementaires sur ces sujets.

Comment voyez-vous la place du Grand Est à horizon 2030 ?
C’est un territoire complet, bien positionné à l’échelle européenne, avec un équilibre entre recherche, industrie et accompagnement. La région incarne la diversité de l’innovation française : biothérapies, santé numérique, dispositifs médicaux, formation. Et l’enthousiasme d’aujourd’hui le montre : plus de 230 participants réunis à Strasbourg, un tiers issu du monde académique, un tiers des entreprises et un tiers des institutions. Ce croisement des cultures, c’est exactement ce que nous cherchons à encourager.

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