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Champagne : le palmarès 2024 des maisons par chiffre d'affaires
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Champagne : le palmarès 2024 des maisons par chiffre d'affaires

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Le classement 2024 des maisons de Champagne confirme la domination des grands groupes, emmenés par LVMH, mais met aussi en lumière le dynamisme des maisons familiales. L'ensemble du secteur a généré 5,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, un niveau solide malgré l'inflation et un contexte économique moins porteur.

Le marché du champagne reste dominé par quelques acteurs de taille mondiale — Photo : Comité Champagne

Après le rebond spectaculaire post-Covid et un record historique en 2023, le marché du champagne s'est normalisé en 2024. Derrière quelques mastodontes du secteur, une multitude de maisons familiales poursuivent leur développement, dans un contexte marqué par l'inflation et les incertitudes géopolitiques.

Le marché du champagne reste dominé par quelques acteurs de taille mondiale. En 2024, d'après l'Union des Maisons de Champagne, Moët Hennessy Champagne Services (LVMH) a largement distancé ses concurrents avec 1,83 milliard d'euros de chiffre d'affaires, regroupant notamment Moët & Chandon, Dom Pérignon, Ruinart et Veuve Clicquot. Derrière, Vranken-Pommery Monopole (345,9 M€) et Laurent-Perrier (239,4 M€) complètent le podium. Lanson-BCC (218,9 M€), Louis Roederer (193,2 M€), Taittinger (145 M€) ou encore Bollinger (126,6 M€) illustrent la vitalité de maisons indépendantes ou cotées.

Si les six premiers groupes pèsent près des trois quarts du chiffre d'affaires, la Champagne compte aussi une vingtaine de maisons intermédiaires, entre 10 et 150 millions d'euros de revenus, comme Billecart-Salmon, Pol Roger ou Duval-Leroy. Enfin, une trentaine d'acteurs plus confidentiels (Henriot, Gosset, Telmont, Leclerc Briant…) perpétuent un modèle artisanal et familial.

Des ventes mondiales en léger retrait

Après le "trou d'air" de 2020 lié au Covid, le champagne a connu une reprise fulgurante. "En 2023, nous avons atteint un record à 6,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires hors taxes", rappelle David Chatillon, président de l'Union des Maisons de Champagne et co-président du Comité Champagne.

David Chatillon, président de l'Union des Maisons de Champagne et co-président du Comité Champagne — Photo : Document remis

En 2024, le marché s'est toutefois stabilisé à 5,8 milliards, en raison du ralentissement économique mondial, de l'inflation et des tensions géopolitiques.

Cette normalisation n'efface pas la tendance de fond : le champagne s'impose comme un produit de célébration mais aussi de prestige, porté par une montée en gamme qui soutient la valeur, même lorsque les volumes stagnent.

L'exportation, moteur de croissance

La transformation la plus marquante concerne l'internationalisation du marché. "En quinze ans, nous sommes passés de 55 % des ventes réalisées en France à seulement 45 % aujourd'hui", observe David Chatillon. Désormais, deux tiers des bouteilles partent à l'export, vers quelque 200 pays. Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique et le Japon figurent parmi les principaux débouchés, alors que ce dernier était inexistant il y a encore trente ans.

À moyen terme, la filière anticipe une stabilisation autour de 110 millions de bouteilles écoulées en France, la dynamique venant de l'étranger. La "premiumisation" du marché mondial des vins effervescents continue de tirer la demande, notamment sur les cuvées à forte valeur ajoutée.

Entre tradition et adaptation

Sur environ 320 titulaires de la carte de négociant-manipulateur, seules 77 structures sont officiellement reconnues comme Maisons de Champagne. Ces entreprises se distinguent par leur rôle industriel et commercial : elles achètent des raisins, vinifient, élaborent et commercialisent sous leur propre marque.

Si la puissance financière des grands groupes leur permet d'investir massivement dans la communication et les marchés lointains, les maisons familiales conservent un poids symbolique et économique fort. Elles incarnent une continuité historique et jouent un rôle clé dans la diversité de l'offre.

Pour l'ensemble de la filière, le défi est clair : maintenir le prestige du champagne tout en consolidant ses positions à l'international, dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel.

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