En 2016, le Grand Port Maritime de Marseille a investi 55¬millions d’euros, un programme d’investissement en hausse de 22% pour soutenir la stratégie de diversification et d’innovation engagée dès 2015. Elle a porté ses fruits en 2016 et la diversification, sur tous les plans, sera encore le maître mot en 2017. « Malgré des vents contraires - faiblesse du commerce mondial, instabilité des pays du Maghreb, attentats sur le sol français, fermeture de l’activité de raffinage des hydrocarbures sur le site Total La Mède intervenue fin novembre, crise profonde de la sidérurgie européenne - l’année écoulée a été une année de consolidation et de mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse pour le Port de Marseille », souligne Jean-Marc Formeri, le président du Conseil de surveillance.
Reconquête commerciale
Plutôt que de subir, les équipes dirigeantes du port ont en effet préféré contrer les difficultés en accélérant la mise en œuvre de leurs objectifs stratégiques sur différents fronts. La politique commerciale offensive, d’abord, a conforté la diversification des trafics maritimes avec l’arrivée, ou le retour, de nouveaux et anciens clients, comme le groupe Canavese, deuxième importateur français de bananes ou Derichebourg. Puis, dès 2017, le déchargement des cargaisons exceptionnelles destinées au site d’Iter à Cadarache offrira au Port de Marseille des perspectives encourageantes jusqu’en 2025. «Les filières destinées à soutenir les segments traditionnels ont toutes connu une hausse significative», souligne Christine Cabau Woehrel, directrice générale et présidente du directoire. La hausse des conteneurs (+3%), supérieure pour la deuxième année consécutive à la moyenne des ports européens et français, la progression des véhicules neufs (+5%) et des remorques (+7%), la montée en puissance des autres vracs divers (+7%) et la hausse de 33% en volume du GNL ont permis de stabiliser le trafic 2016 au niveau de 2015 avec un trafic total de 80,9¬millions de tonnes. Seule ombre au tableau: les vracs solides, fortement liés à la sidérurgie, enregistrent une baisse de 7% sur l’année 2016, mais trouvent de nouveaux relais d’espoir avec une forte hausse des matériaux pour le BTP (+108 %). Enfin, les activités passagers et réparation navale gagnent en 2016 le pari de la diversification des bassins de Marseille.
De nouveaux acteurs investissent le Port
En 2016, « le Port de Marseille a aussi développé son rôle d’aménageur» avec le lancement de l’appel à projets pour le J1, la mise en valeur de son patrimoine, la commercialisation et le développement de 291.000m² d’entrepôts, locaux ou terre-pleins. Parmi les nouveaux venus, l’arrivée d’Interxion, qui a choisi d’y installer son futur data center, positionnant Marseille en tant que «Smart port, capable de devenir un nouveau hub de transfert de données numériques grâce à la convergence des câbles sous-marins intercontinentaux », se félicite Christine Cabau Woehrel.
Le port de toutes les énergies
En 2016 encore, le Port de Marseille a misé sur des projets innovants axés sur la transition énergétique : deux programmes de recherche ont été lancés, l’un porte sur la transformation de l’électricité en gaz (Piicto), l’autre sur la récupération du CO2 des fumées industrielles pour la culture de micro-algue en vue de produire du biocarburant (Vacso2). Deux centres de géothermie marine ont été installés par Engie et Dalkia, 80.000m² de panneaux photovoltaïques ont recouvert les toitures des hangars. Le port s’affiche résolument comme «le port de toutes les énergies», souligne Jean-Marc Formeri. En faisant ainsi le pari de l’innovation, le port de Marseille renforce sa visibilité en France comme à l’international pour s’imposer comme une porte d’entrée incontournable du Sud de l’Europe.