C'est parti ! À Rennes, Le Duff affiche la couleur. Le groupe breton a planté le mois dernier son « permis de siéger ». Aux portes du centre commercial Alma en travaux, a fleuri un nouveau panneau annonçant officiellement un autre chantier à venir. Un projet très attendu, de quelque 25 millions d'euros. Le permis de construire a été déposé le 14 juin, complété le 17 juillet et accordé le 30 août.
Cirmad en première ligne
La lecture approfondie du document public donne quelques informations supplémentaires sur l'ambition du groupe, toujours très discret quant à ses projets. On y apprend d'abord que le site ne s'étend pas sur Rennes, mais sur une enclave intra-rocade de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche. Dans l'alignement de l'actuel magasin Truffaut, Le Duff va ériger un bâtiment de 8.932 m² sur 34 mètres de hauteur, pour 600 de ses salariés. Sur le document, c'est le promoteur immobilier Cirmad Prospectives (groupe Bouygues), dont le siège est à Rouen, qui apparaît. C'est lui qui porte en effet ce projet complexe pour lequel il travaille depuis trois ans dans le plus grand secret. Contacté par nos soins, Philippe Grandval, DG de Cirmad Prospectives n'a d'ailleurs voulu faire « aucun commentaire » sur cet affichage. Il lui reste encore trois mois de recours à passer sans encombre et la Ville doit encore délibérer sur la cession de ce terrain vitrine idéalement situé au bord de la rocade sud de Rennes (100.000 véhicules par jour), « en retrait » de l'allée d'Ukraine (son accès principal).
Un « phare » dans la ville
Le cabinet d'architecture parisien Ateliers 2/3/4 a planché sur un bâtiment moderne aux lignes épurés, à la fois intégré dans son environnement - le parc de Bréquigny (17 ha) est proche - mais très visible. « Le bâtiment ne se contentera pas d'être un important repère dans la ZAC de l'Alma (Ndlr, 8,5 millions de visiteurs attendus en 2014) : il sera une véritable sentinelle marquant l'entrée sud de la ville de Rennes, se transformant la nuit en une lanterne magique (sic) émergeant des frondaisons du parc, à l'image des phares qui ponctuent les côtes bretonnes et guident en toute sécurité les marins vers leurs foyers », peut-on lire dans les conclusions poétiques des architectes.
À l'image d'un ami accueillant
Ce « phare » comportera deux types de façades : vitrées et en béton matricé à effet bambou fin de couleur anthracite. Transparence et nature sont les maîtres mots du projet. Le siège comportera d'ailleurs un jardin intérieur donnant sur le hall, « signe d'ouverture et de dialogue avec l'environnement urbain ». De la rocade, la perception du bâtiment exprimera là encore la volonté d'accueillir, « tendant les deux "bras" de son équerre à l'image de l'ami qui accueille ». Une grande loggia agrémentera aussi la façade ouest surplombant le parc, pour les espaces de direction dont le bureau du boss, Louis Le Duff.
Pas d'énergie renouvelable
Les architectes évoquent aussi une véritable « mise en scène, un atout considérable pour assurer la communication du groupe depuis la rocade » et « renforcée par le grand parvis qui monte d'un mètre sur sept mètres de largeur ». Les deux niveaux bas accueilleront des bureaux et le rez-de-chaussée des espaces supports : conférence, formation R & D. Côté commodités, un parking de 176 places occupera deux niveaux en sous-sol, sans compter 25 places visiteurs et un local à vélos de 134 m². En revanche, « aucune énergie renouvelable envisagée », hormis une pompe à chaleur air-eau réversible. Coût annuel d'exploitation du bâtiment : 24.269 €.
Géry Bertrande
Agroalimentaire À Rennes, l'industriel Le Duff affiche la couleur pour la future vitrine mondiale de son groupe. Son permis de construire en dit plus sur ses desseins.