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Le courtier en assurance Verspieren joue la carte du multi-métiers
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Le courtier en assurance Verspieren joue la carte du multi-métiers

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Le courtier en assurance Verspieren a récemment signé une nouvelle acquisition, auprès de l’ESN parisienne I2SI. Cette opération vient renforcer l’une des 27 filiales de l’ETI nordiste, qui a fait le choix d’être multi-métiers, afin de sécuriser sa croissance en dépit des turbulences du marché. En 2025, Verspieren compte franchir le cap des 500 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Une vue d’un espace de coworking au sein de l’entreprise nordiste Verspieren, qui compte 2 400 collaborateurs — Photo : X.RENAULD

L’ETI nordiste Verspieren, basée à Wasquehal, près de Lille, a récemment finalisé une nouvelle opération de croissance externe, auprès de la PME I2SI. Installée à Nogent-sur-Marne, en Île-de-France, celle-ci édite des logiciels dédiés à la construction de maisons individuelles. L’opération s’inscrit dans une stratégie de diversification, en complétant le portefeuille de compétences du courtier en assurance. Ce dernier affichait en 2023 un chiffre d’affaires de 460 millions d’euros, avec 2 400 collaborateurs.

Des spécialités multiples

Verspieren réalise une croissance moyenne de 5 % par an, selon François Leduc, son directeur général délégué. Un rythme qui permettra de franchir le cap des 500 millions d’euros en 2025, pile pour les 145 ans de l’entreprise. Si l’ETI peut se targuer d’afficher une croissance régulière, en dépit des turbulences du marché, c’est en raison d’un choix stratégique : celui d’avoir diversifié son portefeuille d’activités. "Cela nous permet d’absorber les chocs qui interviennent sur certains secteurs, comme aujourd’hui sur la promotion immobilière, en compensant avec d’autres, comme le secteur des énergies renouvelables ou la commande publique, qui sont très dynamiques", détaille le dirigeant.

Ainsi, Verspieren SA (1 100 collaborateurs) est une maison mère qui détient près de 27 filiales. Parmi leurs spécialités, figurent par exemple l’assurance de panne mécanique pour les véhicules d’occasion, ou encore la garantie des fonctionnaires sur leur prévoyance santé. "Quand l’une de nos activités atteint une taille critique, nous développons une spécialité, autrement dit une business unit, filiale ou non, avec des moyens et une équipe dédiée", explique François Leduc.

L’accent sur la reprise de chantiers

La reprise d’I2SI permet ainsi de renforcer l’une des spécialités du courtier. Cette PME parisienne affiche deux métiers, le premier étant l’édition de logiciels dédiés à la construction de maisons individuelles et le deuxième, la reprise de chantier : en cas de faillite d’un constructeur, le chantier en cours est repris par un autre constructeur, qui est financé par la garantie de bonne fin.

"La reprise d’I2SI vient donc renforcer des compétences, face aux faillites de constructeurs de maisons individuelles qui sont en hausse"

"Parmi les différentes filiales de Verspieren, une est spécialisée dans la reprise de chantiers. C’est une activité qui fait sens, dans la mesure où nous sommes très présents dans l’assurance des constructeurs de maisons individuelles, un secteur en souffrance, ainsi que dans la garantie de bonne fin. Cette acquisition vient donc renforcer nos compétences au service des constructeurs de maisons individuelles, dans un secteur où les défaillances d'entreprises sont malheureusement en hausse", justifie le dirigeant. I2SI, dont le chiffre d’affaires n’a pas été communiqué, a réalisé près de 420 reprises de chantier en 2023.

Dans le top 5 du marché

Quant au cœur de métier Verspieren, "c’est l’assurance du risque auprès des PME, ETI et des grandes entreprises, dans l’industrie et les services", définit François Leduc. Né en 1880, pour assurer les industriels du textile du Nord, Verspieren a fait évoluer son activité au fil des grandes transformations économiques. "L’industrie textile a cédé la place au retail et aux entreprises services", résume le directeur général délégué. Verspieren réalise désormais plus de 50 % de son activité en dehors des Hauts-de-France, en particulier en région parisienne. Cette activité est composée à 70 % par l’IARD (incendie, accidents et risques divers), dont 70 % auprès des entreprises et 30 % auprès des particuliers (sous l’angle de la clientèle privée, ou alors en marque blanche, en B to B to C). Les 30 % restants concernent l’assurance de personnes (complémentaire santé, prévoyance, schéma retraite, etc.)

Avec un chiffre d’affaires qui frôle les 500 millions d’euros, Verspieren figure dans le top 5 du marché français du courtage en assurance. Une position qui n’appelle pas de compétition particulière : "20 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires séparent l’essentiel des acteurs de ce top 5. Il suffit que l’un réalise une opération de croissance externe pour qu’un autre baisse mécaniquement d’une place. Ce qui nous importe, c’est d’être leader dans un maximum d’expertises et de conserver un taux de rétention client à 97 %", souligne le dirigeant.

Un rythme d’acquisition modéré

Pour renforcer ses spécialités, Verspieren compte en partie sur les acquisitions, avec un rythme toutefois plus modéré ces dernières années. "Nous concentrons sur des acquisitions plus ciblées en termes d'expertise, et moins lourdes en termes d'engagement financier", note François Leduc. La raison ? Des entreprises cibles souvent surévaluées. "L’industrie du courtage attire depuis plusieurs années de nombreux fonds d’investissement, ou de nouveaux acteurs, ce qui porte les prix des entreprises à des niveaux qui ne nous paraissent pas raisonnables".

Il faut dire que le courtier a du recul en la matière, après plus d’un siècle d’existence et un capital resté à 100 % familial depuis 1880. Verspieren est actuellement conduit par la cinquième génération, représentée par Pierre-Anthony Verspieren, son PDG. Seule entreprise à capital familial parmi les grands acteurs du courtage sur le marché français, Verspieren fait de cette particularité une force. "Notre actionnariat ne nous empêche pas de réaliser des investissements qui, à court terme, viendraient dégrader certains ratios. Nous privilégions une stratégie client de long terme, non financière et mûrement réfléchie", souligne le dirigeant.

Vers d’autres créneaux à potentiel

Ces dernières années, la croissance externe a davantage concerné les filiales de Verspieren en Espagne, Portugal et Italie. Le groupe en compte une quatrième en Suisse. Même si le courtier ne s’interdit pas d’en ouvrir une autre, "en cas de marché domestique dynamique", la priorité n’est pas là. À l’international, la stratégie consiste pour l’heure à accompagner les clients français dans leurs différentes implantations. En plus de ces filiales, le groupe possède un réseau de partenaires dans plusieurs pays, qui se traduit par une relation non capitalistique mais la signature d’une charte, en vue de garantir le niveau de services.

Même si Verspieren reste attentif aux opportunités d’acquisitions, la croissance organique reste toutefois le nerf de la guerre, selon François Leduc, dans l’optique de renforcer les spécialités. Ainsi que le développement sur le marché français, qui présente encore du potentiel. "Il faut aller chercher les créneaux susceptibles de se développer fortement demain, dans le cadre d’une économie qui se renouvelle", indique-t-il. En ligne de mire, les énergies renouvelables : "Nous couvrons les phases de construction et d’exploitation de parcs éoliens et de centrales solaires, avec 15 à 25 % des parts de marché en France". Ou encore les nouveaux projets d’usines : "Nous sommes le courtier pour les phases de construction et exploitation de la gigafactory de batteries sodium ion pour les véhicules électriques, portée par Tiamat, à Boves, près d’Amiens (Somme NDLR). Nous sommes positionnés sur d’autres projets de ce type en France", ajoute-t-il.

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