Fondée en 2012 par Romain Tellier, alors âgé de 24 ans, l'ETI NSI Groupe poursuit sa croissance en dépit d’un contexte économique morose. Basée à Marly, près de Valenciennes (Nord), cette société de nettoyage de locaux professionnels termine l’année 2025 avec une acquisition et engage 2026 avec une deuxième opération de croissance externe. Fort d’un chiffre d’affaires de 80 millions d’euros en 2025, le dirigeant compte franchir le cap des 100 millions d’euros dès 2026, avec quelque 5 000 salariés une fois les rachats finalisés. "Notre plan stratégique à horizon 2030 doit nous conduire à un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros. Au regard de nos actualités, nous avons deux ans d’avance sur cette trajectoire", se réjouit Romain Tellier. Se revendiquant 21e acteur national de la propreté, le dirigeant vise le top 15 dès 2026 puis le top 10 en 2028.
Un meilleur maillage national
NSI Groupe n’en est pas à sa première acquisition. "Nous avons réalisé une vingtaine de rachats ces six dernières années, indique le dirigeant. L'entreprise bénéficie aujourd'hui d'une crédibilité qui lui permet de recevoir régulièrement des dossiers. Nous privilégions plutôt les reprises dans le cadre du départ en retraite d’un dirigeant". Les deux dernières opérations s'inscrivent dans l'ambition du groupe de renforcer son maillage national. L'ETI compte désormais près de 25 implantations en France.
En décembre 2025, NSI Groupe a ainsi acquis l'entreprise de propreté GPNI (300 salariés, 4,5 M€ de CA) basée à Bordeaux (Nouvelle-Aquitaine). Cette opération marque une étape majeure, avec une première implantation dans l'Ouest. Une zone géographique que l’entreprise entend bien consolider ces prochaines années. Puis NSI Groupe a ouvert l’année 2026 avec le rachat de la société normande RM Propreté (100 collaborateurs, 1,8 million d’euros), en vue de consolider son activité sur ce territoire.
Un centre de formation clé
Pour intégrer au mieux les salariés issus de ces rachats, NSI Groupe mise sur son centre de formation interne, baptisé NSI Learn et basé à Valenciennes (Nord). Toutes les personnes intégrant l’entreprise passent par ce centre, quelle que soit leur zone géographique. "Notre volonté, c’est que tous les salariés découvrent Valenciennes, le berceau de l’entreprise ; cela fait partie de l’acculturation", note Romain Tellier. Ce centre joue un rôle clé dans le bon fonctionnement du groupe, dans la mesure où "les équipes sont son principal facteur de réussite", insiste le dirigeant. C'est pourquoi il a consenti un investissement de 1,5 million d'euros dans son déménagement, prévu fin 2026 ou début 2027, toujours à Valenciennes.
NSI Groupe louait jusqu’à présent un local pour NSI Learn : "nous avons acheté un terrain et nous y construisons un bâtiment de près de 700 m²", ajoute le dirigeant. Il permettra à l’entreprise d’installer ses propres plateaux techniques de formation, avec reconstitution de scènes, par exemple pour le nettoyage en milieu hospitalier.
Ce centre comptait 1 750 apprenants en 2025, dont 90 % de collaborateurs NSI et 10 % d'externes. NSI Learn, qui réalise un chiffre d'affaires de 1,5 million d'euros avec 7 collaborateurs dédiés, compte accélérer auprès d'une clientèle extérieure avec le soutien de ce futur bâtiment.
Rachat du château d’Aubry-du-Hainaut
Pour franchir une nouvelle étape dans le développement de la culture d’entreprise et de la marque employeur, NSI Groupe a réalisé courant 2025 une opération atypique pour une ETI : le rachat du château d’Aubry-du-Hainaut, à quelques encablures de Valenciennes. Une opération dont le montant reste confidentiel. Ce château développe une activité d’hôtel restaurant et de réceptions pour les particuliers, ainsi que de séminaires pour les entreprises.
Des activités que le groupe va maintenir, tout en le dédiant également à l’hébergement des collaborateurs dans le cadre de leur parcours d’intégration. "Jusqu’à présent ces collaborateurs étaient répartis dans différents hôtels valenciennois, ce qui représentait des frais mais aussi une perte de convivialité. Ils auront désormais un hébergement unique. Ce château sera aussi à disposition de l’ensemble des équipes pour des réunions, des repas de fin d’année, etc.", détaille Romain Tellier.
L’international dans le viseur
Évoluant sur un marché en pleine concentration, où la taille critique est indispensable, NSI entend poursuivre les acquisitions, une fois les dernières opérations digérées. L'ETI porte notamment des ambitions à l’international, en priorité dans les pays frontaliers ou francophones.
"Nous avons la chance d’être positionnés sur le métier du nettoyage, qui est identique partout", se réjouit Romain Tellier. Cet axe de développement s’inscrira dans le prochain plan de développement stratégique, à horizon 2035. "Dans un premier temps nous allons miser sur le suivi de nos clients ayant déjà des implantations à l’international, avant d’en conquérir de nouveaux à l’étranger", détaille le dirigeant.
Une croissance surtout organique
"La croissance externe représente moins de la moitié de notre chiffre d’affaires. La croissance organique reste le moteur", revendique toutefois Romain Tellier. Et ce dernier mode de développement se traduit à la fois par l’ouverture d’agences en propre (cinq en 2025) et par une politique de diversification incluse dans le plan stratégique 2030. Autour de son métier initial, NSI Groupe a créé en interne diverses filiales, en vue de proposer une solution globale à ses clients. Il s’agit par exemple de NSI green, qui réalise de l’entretien d’espaces verts, NSI hospitality, un service d’accueil en entreprise, ou une prestation de traitement des nuisibles, etc. Fin 2025, c’est la filiale NSI Luxury qui a vu le jour. Basée à Paris, elle réalise des prestations de nettoyage de boutiques de luxe, partout en France. "Nous répondons avec ces filiales aux besoins des clients, qui sont en recherche d’acteurs ayant des champs d’action de plus en plus larges", note le dirigeant.
Le groupe appuie également son développement sur l’innovation, menée en interne. Il place ses efforts sur l’IA, les objets connectés mais aussi la robotique, avec la volonté d’introduire des cobots (ou robots collaboratifs) dans les prestations de nettoyage, pour soulager les opérateurs des tâches de moindre valeur ajoutée. "Nous voulons devenir le leader français du smart cleaning", lance le dirigeant.