Comment est née l’envie de créer un Club Impact au sein de la French Tech Lille ?
Katia Tudisco-Dahmani : Désormais, les classements French Tech 120 et French Tech 40 intègrent des critères sociaux et environnementaux. Il faut, par exemple, avoir réalisé un bilan carbone récemment, et afficher un bon indice de parité hommes-femmes. C’est positif, mais on constate que, dans les start-up, ces sujets mettent encore du temps à s’installer. Or, la vocation des Clubs French Tech est précisément de favoriser la diffusion de bonnes pratiques auprès des start-up, au travers d’échanges, de témoignages, du partage d’expérience. C’est pourquoi, travailler spécifiquement sur ces enjeux nous a paru pertinent.
À quoi vont ressembler les réunions du Club Impact ?
Katia Tudisco-Dahmani : Un premier rendez-vous a eu lieu fin juin, autour de la diversité en entreprise, en partenariat avec l’association 1001 Rôles Modèles, un collectif qui veut favoriser la diversité des recrutements. Nous avons pu aborder les différentes dimensions de la diversité – l’âge, le genre, les origines, l’orientation sexuelle – et comment elles peuvent être mieux intégrées dans les politiques RH, témoignages d’entreprises à l’appui.
"Les start-up évaluent de mieux en mieux l’impact de leurs produits, mais rarement celui de leur modèle dans son ensemble"
En parallèle, nous avons lancé un questionnaire pour identifier les thématiques qui suscitent le plus d’intérêt. L’idée est de proposer quatre rencontres par an, pour lancer la dynamique et évaluer les besoins.
Quels sont les freins que rencontrent les start-up pour améliorer leur impact ?
Katia Tudisco-Dahmani : Les start-up évaluent de mieux en mieux l’impact de leurs produits, mais rarement celui de leur modèle dans son ensemble. C’est pourtant là qu’il faut porter la réflexion. Certaines choisissent dès le départ un statut d’entreprise à mission ou une démarche RSE structurée. Mais pour beaucoup, en phase de lancement, l’urgence reste la viabilité économique. Intégrer des indicateurs sociaux ou environnementaux leur semble secondaire.
Or, intégrer ces enjeux dès le début est souvent plus simple, moins coûteux et plus efficace. Une fois la croissance amorcée, il est plus difficile de structurer une stratégie. Le Club Impact aide justement à poser un diagnostic, définir les priorités, construire une feuille de route : quand recruter une personne dédiée ? Qui porte ces sujets ? Comment s’ancrer dans la chaîne de valeur ? Notre approche est progressive, centrée sur les enjeux les plus pertinents selon l’activité. Chaque structure doit tracer son propre chemin.