Région Sud
"Le Club ETI Sud est là pour écouter les préoccupations des dirigeants d’ETI et porter leur voix"
Interview Région Sud # Réseaux d'accompagnement

Geneviève Melkonian coprésidente du Club ETI Sud "Le Club ETI Sud est là pour écouter les préoccupations des dirigeants d’ETI et porter leur voix"

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Le Club ETI Sud est l’un des derniers nés du Mouvement des ETI en région et il a réuni, pour sa première soirée, une centaine de dirigeants et dirigeantes d’entreprises de taille intermédiaire, au sein du campus thecamp à Aix-en-Provence. À sa tête, un binôme : Geneviève Melkonian, coprésidente du Groupe Aramine, à Aix-en-Provence et Pierre Ippolito, directeur général du Groupe Ippolito, à Nice.

Geneviève Melkonian copréside le Club ETI Sud avec Pierre Ippolito — Photo : DR

Pour quelles raisons avez-vous accepté cette mission ?

Ce club prend en compte les problèmes spécifiques des ETI, qui sont différents de ceux des PME et des grands groupes, et, pourtant, ces ETI subissent les réglementations et la fiscalité des grandes entreprises alors que leurs ressources sont moindres et entièrement consacrées à leur développement. Alors qu’en Allemagne, ces ETI sont au nombre de 20 000, en France, elles disparaissent ou sont vendues à de grands groupes internationaux.

J’avoue aussi avoir été convaincue par Nicolas Barthe, le fondateur et directeur général du cabinet marseillais Stan, spécialisé dans la conception et le déploiement de stratégies d’ancrage territorial et national pour les grandes entreprises et les ETI. La création de ce club, son lancement en présence d’une centaine d’entrepreneurs ont été rendus possible grâce au soutien de Stéphane Soto, le directeur général de thecamp qui nous a accueillis, du CIC, de KPMG, Deloitte et Kedge Business School, qui prennent tous part à cette aventure.

Enfin, cet engagement est aussi une manière de partager mon expérience à la tête d’une entreprise familiale, le groupe Aramine (spécialiste des matériels et services pour mines souterraines depuis plus de 50 ans, NDLR), que je dirige avec mes deux frères, Marc et Christophe.

Vous partagez la présidence de ce club régional avec Pierre Ippolito. Qu’est-ce que ça apporte d’avoir deux coprésidents ?

Cette coprésidence est un atout : pour une entreprise, comme pour un club. Car, les divergences de points de vue sont constructives. J’ai découvert Pierre Ippolito, un jeune entrepreneur à la tête d’une belle entreprise familiale. Ensemble, nous formons un duo complémentaire avec l’envie partagée de faire bouger les lignes.

Quelle est la mission du Club ETI Sud ?

L’un des enjeux, qui me tient particulièrement à cœur : faire prendre conscience à nos gouvernants, locaux et nationaux, du poids de la fiscalité et des réglementations, qui pèsent sur les épaules des ETI. Ces ETI sont fortement ancrées dans leurs territoires, elles sont présentes dans leur écosystème et pourtant, elles sont faiblement identifiées. Ce club sera là pour écouter les préoccupations des dirigeants d’ETI et porter leur voix auprès des gouvernants.

Les ETI n’ont pas besoin d’argent public, ni de subvention. Les ETI créent la richesse et la redistribuent aux salariés. Pour faciliter leur travail, tout ce dont nous avons besoin, c’est de stabilité, tant fiscalement que d’un point de vue réglementaire. En Allemagne, les ETI évoluent dans un cadre confortable, elles peuvent promouvoir leur savoir-faire. En France, les dirigeants d’ETI veulent pouvoir travailler librement et surtout, permettre à leurs collaborateurs de gagner leur vie, et d’évoluer.

Le pouvoir d’achat de nos collaborateurs baisse chaque année, alors même qu’ils gagnent en compétences, qu’ils endossent de nouvelles responsabilités. Dès lors, comment pouvons-nous attirer des talents dans un pays où la fiscalité est confiscatoire ? Le pouvoir d’achat des salariés est pour moi une priorité.

Quels sont vos objectifs pour ce Club ETI Sud ?

Nous voulons fédérer un maximum de dirigeants d’entreprise pour leur permettre de partager des problématiques communes, d’échanger, pour travailler avec les acteurs locaux, être force de proposition.

Nous mesurerons notre succès à l’aune des changements que nous réussirons à impulser. Notre but est de faire bouger les lignes pour permettre aux ETI de grandir et d’investir dans leur croissance, grâce à un allégement du coût du travail et de la fiscalité.

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