Le cabinet d’architecture navale Mauric met les voiles vers Singapour
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Le cabinet d’architecture navale Mauric met les voiles vers Singapour

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Le cabinet d’architecture navale Mauric, basé à Nantes et Marseille, vient d’ouvrir une antenne à Singapour. L’ambition de ce nouveau bureau est de concrétiser des prospects et des discussions avec les nombreux chantiers navals en Asie. En parallèle, Mauric croit fort dans la filière vélique pour le futur du secteur maritime, et souhaite y conforter sa place de pionnier.

Vincent Seguin, directeur général de Mauric, croit fort dans le développement de la filière vélique. Un secteur où le cabinet se veut précurseur, avec le cargo à voile de Neoline, et un patrouilleur, équipé de la voile de Wisamo — Photo : Benjamin Robert

Un voyage en Asie pour fêter ses 80 ans. C’est ce que s’offre le cabinet d’architecture navale Mauric, qui vient d’ouvrir une antenne à Singapour. Avec aujourd’hui 40 personnes réparties entre Marseille (siège social) et Nantes, en plus d’un bureau de cinq personnes en Belgique, le cabinet veut être présent en Asie afin de saisir les opportunités de ce continent : aux Philippines, en Indonésie, ou encore au Vietnam.

"Ces pays ont de grandes façades maritimes et de nombreux chantiers. Depuis 10 ans, nous avons des prospects, et des discussions avec des armateurs de cette zone, mais il est difficile de les concrétiser. L’idée est d’être présent sur place, car la part de l’humain reste forte dans une décision finale", analyse Vincent Seguin, président de Mauric.

Les navires de déminage en vogue

Depuis sa création en 1945 à la sortie de la guerre par André Mauric, le cabinet en a vu passer : remorqueur, patrouilleur, navire de recherche, vedette, voilier de course au large, ou encore ferry… Le cabinet d’architecture, qui réalise 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, navigue depuis quelques décennies à parts égales entre le marché des bateaux militaires et celui des navires civils (pêche, cargo, transport de passagers etc.).

"Ce nouveau secteur d’expertise sur le déminage a permis de doubler notre chiffre d’affaires ces cinq dernières années"

Néanmoins, ces dernières années, Mauric a su profiter de quelques courants porteurs. Le cabinet a été racheté en 2016 par Eca Group, qui a depuis fusionné avec iXblue pour former le groupe Exail Technologies (1 800 collaborateurs, CA : 323 M€). "80 % du capital de Mauric est détenu par Exail, et 20 % par des actionnaires individuels dont moi", souligne Vincent Seguin.

Ce vaisseau amiral a permis d’emmener Mauric vers de nouveaux bassins. "Nous avons développé des navires capables de scanner les fonds marins à la recherche de mines, de détecter ces objets sur les côtes, et de réaliser des opérations de déminage", détaille Vincent Seguin. C’est la filiale belge de Mauric qui coordonne cette expertise, avec notamment 17 bateaux à venir pour l’armée belge et néerlandaise. "Ce nouveau secteur a permis de doubler notre chiffre d’affaires ces cinq dernières années", ajoute-t-il.

Précurseur dans le secteur vélique

Au-delà du déminage, Mauric mise également sur un autre secteur en émergence : le vélique. "La complexité des navires est aujourd’hui plus forte, notamment au niveau énergétique. Par rapport à d’autres carburants alternatifs, le vent constitue une énergie disponible, illimitée, et sans conflit d’usage avec d’autres industries", pointe Vincent Seguin.

Mauric a travaillé sur un premier cargo à voile dès 2016, avec l’armateur Neoline. Ce dernier a été mis à l’eau et devrait être livré cet été — Photo : Claire Ronsin & Nicolas Pougnand

Des travaux menés sur les cargos à voile depuis 2016

Mauric a travaillé sur un premier cargo à voile dès 2016, avec l’armateur Neoline. Leur navire, équipé des voiles SolidSail des Chantiers de l’Atlantique, reliera dès cet été Saint-Nazaire à Baltimore (États-Unis). "D’autres cabinets ont des études théoriques autour de la propulsion vélique, mais nous sommes précurseurs en étant les premiers à livrer un tel navire", appuie le dirigeant.

"On peut estimer que le vélique représente jusqu’à 50 % de nos activités si le marché éclot vraiment"

Et Mauric entend bien conserver sa longueur d’avance. Le cabinet travaille déjà sur un second projet, avec la réalisation d’un patrouilleur pour la Direction générale des affaires maritimes, qui sera équipé de la voile de Wisamo. Ce dernier sera livré en 2027.

La voile Michelin Wisamo (en vue 3D) sur un navire de guerre — Photo : Michelin - Romain SOSSO - Explore Studio

"On peut estimer que le vélique représente jusqu’à 50 % de nos activités si le marché éclot vraiment", espère Vincent Seguin. Un marché qui pourrait permettre à Mauric de mettre les voiles vers les 90 ans avec sérénité.

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