L’attachement des collaborateurs pour le groupe Brangeon ne se dément pas. Il existe en effet une amicale des anciens de l’entreprise. L’un de ces anciens racontait en janvier 2026 avoir été témoin de l’expansion du groupe entre son arrivée et son départ : Entré en 1970 alors que le transporteur de la Pommeraye comptait 6 salariés, il a pris sa retraite en 2004. Brangeon employait alors 614 personnes exactement. Et en 2026, ce sont 1 700 collaborateurs qui se répartissent entre les trois activités qui composent les filiales du groupe à l’actionnariat 100 % familial : le transport, la collecte des déchets et le recyclage.
Naissance en 1919
Il faut faire un bond en arrière de plus de 100 ans pour remonter aux origines du groupe Brangeon. En 1919, Maurice-Gustave et Marie Brangeon lancent le transport de marchandises et de voyageurs entre Angers et La Pommeraye.
Les premiers véhicules à cheval sont quelques années plus tard remplacés par des engins à moteur. En 1957, la société scinde ses deux activités. Le transport de voyageurs est repris par une autre branche de la famille, et Brangeon ne conserve que celui des marchandises. Avec à sa tête une seconde génération d’entrepreneurs, Maurice-Henri et Paule…
Première collecte de déchets en 1973
1973 marque un tournant dans l’histoire du groupe Brangeon (278 M€ de CA 2024), qui se lance alors dans la collecte des déchets pour les collectivités, dans la commune voisine de Montjean-sur-Loire tout d’abord, puis dans d’autres aux alentours. "L’entrée dans cette activité de collecte des déchets a été la bonne idée, témoigne Victor Brangeon, président du groupe familial. Elle correspondait à un fil logique : Depuis les premiers transports de voyageurs et de marchandises jusqu’aux bennes de collecte, il y a toujours un camion."
"Le groupe a depuis le départ répondu à des attentes : le transport, puis la collecte des déchets, le tri, le recyclage […] avec l’objectif d’aller toujours plus loin. Il fallait saisir les opportunités, mais aussi les anticiper."
"Le groupe Brangeon a depuis le départ répondu à des attentes, explique Victor Brangeon : le transport, puis la collecte des déchets, le tri, les déchèteries, les centres d’enfouissement et le recyclage, avec l’objectif d’aller toujours plus loin. Il fallait bien saisir les opportunités aux moments où les besoins sont apparus, et il faut aussi les anticiper."
À partir de 1973, l’entreprise grandit, sous l’impulsion de la seconde génération de la famille, rejointe bientôt par une troisième : Maurice Brangeon tout d’abord, le père de Victor, puis son frère Vincent. L’activité de collecte des déchets est alors en plein essor, mais aussi leur traitement. Terminés les dépotoirs d’antan où on les amassait avant d‘y mettre le feu. On commence à les séparer, les isoler, les recycler et les revaloriser. "Le groupe Brangeon a depuis le départ répondu à des attentes, explique Victor Brangeon : le transport, puis la collecte des déchets, le tri, les déchèteries, les centres d’enfouissement et le recyclage, avec l’objectif d’aller toujours plus loin. Il fallait bien saisir les opportunités aux moments où les besoins sont apparus, et il faut aussi les anticiper." En innovant par exemple : le groupe a été le premier en France à équiper ses camions d’un bras de préhension latéral, qui saisit les bacs des usagers. Un chauffeur seul peut donc effectuer la collecte.
De la collecte à la valorisation
Tout naturellement, au fil des ans, le groupe familial étend ses activités au-delà de la collecte : Brangeon ouvre en 1990 en Maine-et-Loire une installation de stockage de déchets non dangereux, puis quatre ans plus tard le premier centre de tri d’emballages ménagers du département à Tiercé, de même que sa première déchèterie à Cholet. Viennent ensuite la première plateforme de compostage en 1995 et en 1997 le lancement de l’activité de récupération et de recyclage pour les entreprises. La croissance est organique, mais aussi externe : Le groupe Brangeon s’implante en Gironde avec le rachat de Gaignard et Mérand, et réalise d’autres acquisitions. En 2023, Unifer (21 M€ de CA 2022, 65 salariés), au Havre, est l’une des plus importantes opérations de reprise réalisée par le groupe. Aujourd’hui, celui-ci compte plus de 80 sites, tout en conservant ses racines à La Pommeraye, entre-temps devenue la commune nouvelle de Mauges-sur-Loire. 250 des 1 700 collaborateurs y sont toujours rattachés, au siège social et dans différentes activités.
Le transport, ADN premier du groupe
Si le recyclage compte pour la part la plus importante de son chiffre d’affaires, le groupe familial n’en a jamais pour autant délaissé son activité première de transporteur. En 1998, il lance même une activité de logistique, avec des plateformes sur le territoire dont la dernière a ouvert en 2025 à Prinquiau, en Loire-Atlantique.
La part des déchets représente 65 % des transports effectués par le groupe : "Mais nous voulons maintenir le transport hors déchets toujours au même niveau, appuie Victor Brangeon. Notre ADN premier de transporteur est aussi ce qui fait la réussite dans nos autres activités. Brangeon Transport et logistique est d’ailleurs la filiale qui a le plus progressé en 2025. Elle est passée de 86 millions de chiffre d’affaires en 2024 à 93 millions d’euros l’an passé, soit une croissance de près de 10 %."
Des investissements conséquents
Engagé dans l’environnement avec la gestion des déchets et le recyclage, le groupe Brangeon l’est donc tout autant dans le transport. Il y investit fortement, ayant choisi de renouveler chaque année ses véhicules à hauteur 40 % en motorisations alternatives, roulant au gaz, à l’électrique ou encore au colza. Le groupe a même inauguré à Cholet en 2018 la première station BioGNV des Pays de la Loire.
Aujourd’hui, c’est un quart de sa flotte de véhicules qui est équipée de motorisations alternatives, et leur nombre ne cesse d’augmenter. Un choix qui nécessite des investissements conséquents, ce qui est une autre marque de fabrique du groupe familial : "Un actionnariat 100 % familial est une garantie d’indépendance, souligne Victor Brangeon, si l’on veut continuer d’investir? L’entreprise l’a toujours fait et c’est ce qui permet de grandir. En 2025, nous avons ainsi investi 59 millions d’euros, dans des sites, du matériel, dans des process et de l’innovation."
Dernier investissement majeur, celui d’Ecotri, pour 22 millions d'euros: un centre ultra-performant sans égal en Europe, qui permet à son site de La Poitevinière, en Maine-et-Loire, de valoriser 52 000 tonnes de déchets ultimes chaque année et d’éviter leur stockage en casiers. Le process, automatisé, intègre plusieurs étapes de calibrage, de tris aérauliques, optiques et magnétiques, le tout complété par des robots fonctionnant avec l'intelligence artificielle.
Dans un secteur de la gestion et du recyclage des déchets qui se concentre, le groupe Brangeon veut demeurer un important acteur régional. Pour cela, il innove, à l’image d’Ecotri, et réfléchit à d’autres sujets, comme la seconde vie des plastiques ou des textiles. "Ce sont des pistes de travail et nous partons à chaque fois d’un besoin client, explique Victor Brangeon. Nous sommes souvent plus performants que les acteurs nationaux, et si on ne l’est pas, on meurt. Nous sommes plus en proximité, plus agile, avec un maillage important."
Une expansion toujours en cours dans le grand Ouest
Un maillage que le groupe familial des Mauges entend bien continuer de renforcer, soit en développant de nouvelles implantations, soit par des opérations de croissance externe. " Il y a encore des endroits où nous sommes peu ou pas du tout, indique Victor Brangeon, comme les secteurs de La Rochelle, de Caen ou de Poitiers." Ce maillage du grand Ouest devrait se poursuivre rapidement. Le groupe n’a pas effectué de croissance externe l’an passé, mais devrait en réaliser en 2026.