Déjà téléchargée par plus de 10 000 utilisateurs à travers 56 pays, l’application de la start-up rennaise Ochy espère beaucoup des Jeux Olympiques de Paris 2024. Et pour cause : elle s’adresse en premier lieu aux sportifs. À tous les sportifs, coureurs, basketteurs, footballeurs, joueurs de rugby… Qu’ils soient professionnels, sportifs de haut niveau, occasionnels ou qu’ils souhaitent simplement débuter une activité physique. Créée en 2021 par Perrine Chapot et Khaldon Evans, Ochy est une solution, vendue par abonnement, qui rend ultrarapide l’analyse des mouvements des sportifs. "L’objectif est de réduire les risques de blessures, d’adopter les bonnes postures, mais aussi d’augmenter ses performances", explique Perrine Chapot, elle-même ancienne sportive de haut niveau, comme son associé (tous deux sont des spécialistes du 400 m).
Analyse de vidéos assistée par IA
Habituellement, les sportifs de haut niveau analysent leurs données grâce à des laboratoires, qui mesurent leurs mouvements, le temps de contact au sol, ou entre deux foulées (j’ai rajouté un mot), les calculs d’angles, par exemple. "Notre solution permet de faire tout cela en direct grâce à de la vidéo et de l’intelligence artificielle, pour proposer ensuite des recommandations et un plan de renforcement personnalisé", précise Perrine Chapot.
Permettre à tous d’atteindre ses objectifs
L’objectif d’Ochy est ainsi de faciliter le processus d’analyse et donc de les rendre accessibles au plus grand nombre. Pour cela, l’application permet de réaliser une vidéo de profil avec son smartphone (par une personne tierce évidemment) et d’obtenir des analyses biomécaniques dans n’importe quel lieu. L’IA intégrée à la solution analyse la position de la tête aux pieds, en moins de 60 secondes. Elle permet de voir ce qui va et ce qui ne va pas, la technique de course, la foulée et la posture, dans le but d’identifier les points faibles ou les douleurs du sportif.
Accompagné par l’Université de Berkeley
Ochy a déjà à ses côtés la prestigieuse université américaine de Berkeley (Californie), dans l’optique d’un développement international. Cette dernière est ainsi entrée au capital aux côtés de quatre autres business angels en début d’année, pour une levée de fonds globale de 485 000 euros.
"Après les Jeux, tout le monde va vouloir se mettre au sport"
"Nous avons été sélectionnés comme huit autres start-up, parmi 2 300 candidats du programme d’accélérateur de l’UC Berkeley", précise Perrine Chapot. Cette somme a permis à Ochy d’accélérer dans ses actions marketing, se rendant visible dans la presse, ou lors de salons en amont des Jeux Olympiques.
Démocratiser les analyses
Pendant les Jeux aussi, la start-up veut se donner la possibilité de communiquer. Par exemple, Ochy peut offrir la possibilité d'apprendre à courir correctement aux participants du Marathon pour tous. "Et ainsi de finir le marathon, sourit Perrine Chapot. Après les Jeux, tout le monde va vouloir se mettre au sport, poursuit-elle. Nous voulons donc démocratiser les analyses. Parce qu’à titre d’exemple, pendant le Covid, 74 % de ceux qui se sont mis à courir se sont blessés… Mais pour cela, nous devons encore trouver deux à trois millions d’euros".
L’objectif sera d’accentuer la commercialisation, mais aussi les recrutements. Ochy emploie actuellement 8 collaborateurs, et devrait fédérer une équipe de 13 personnes avant fin 2024. "Nous voudrions aussi travailler avec des laboratoires et en B to B avec de grands groupes", indique la dirigeante, qui cible notamment le marché américain, son plus gros marché en vue.