Le chimiste allemand a investi 6M€ sur son site de Port-Jérôme dans une unité de traitement de l'air destinée à réduire les traces de solvants dans les effluents gazeux. Six millions d'euros! C'est le montant de l'investissement consenti par Lanxess pour réaliser sur son site de Port-Jérôme une unité de traitement de l'air destinée à réduire à la portion congrue les émissions de COV (composés organiques volatiles) induites par la production de caoutchouc synthétique. Pour l'élimination des rejets de solvants dans l'air, le chimiste a développé une technologie innovante «respectueuse de l'environnement», explique Marc Lagarde, le directeur du site normand. Un système qui permet de détruire par oxydation les résidus de solvants «sans apport de combustible fossile, type gaz naturel». Résultat des courses, Lanxess annonce une réduction de 50% de ses émissions de CO² par rapport à une installation classique. Côté COV, le site limite les émissions à 20mg par m³ d'air, largement en dessous de la limite des 110mg par m³ d'air fixée par la législation européenne en vigueur. Au bout du compte, l'entreprise passe de 450t à 19t par an de COV émis.
Face à la crise de l'automobile
Seule ombre au tableau, cet investissement, financé en totalité par Lanxess, intervient dans un contexte de net recul de l'activité de l'industrie automobile. Producteur de caoutchouc synthétique à destination pour l'essentiel des industriels du pneumatique, le groupe né en 2005 de la cession par Bayer d'une partie de ses activités dans la chimie s'attend donc à être fortement impacté par la crise. Et le site de Port-Jérôme ne devrait pas échapper à cette dynamique: «on assiste à un quasi effondrement de la demande» concède Marc Lagarde qui attend néanmoins un rebond dans les premiers mois de l'année. L'entreprise, qui exporte 80% de sa production dont près de la moitié vers les marchés asiatiques, reste pour autant confiante: «nous sommes bien armés», rassure Benoît Mayran de Chamisso, le P-dg de Lanxess France.
«Treize bateaux de course»
«Nous avons des positions plus fortes qu'il y a quatre ans grâce aux restructurations et aux acquisitions que nous avons faîtes». Et pour mieux résister à la crise, Lanxess compte sur la spécificité de son modèle: «Lanxess ne ressemble pas à un tanker, mais à treize bateaux de courses», comme autant de site que possède le groupe. Pour le P-dg, le salut passe par l'innovation ainsi que par une implantation renforcée sur les marchés émergents que sont la Chine et l'inde. Guillaume Ducable