Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d'agriculture de l'Isère et de celle de Rhône-Alpes, réclame «un vrai débat à l'Assemblée nationale» sur l'agriculture suite à la crise que traversent les producteurs laitiers français. «Le vrai problème est à Bruxelles, admet-il, qui doit réguler sans déséquilibrer le marché. Mais en France, le gouvernement n'a pas pris toutes les dimensions de la crise, avec une hausse du coût des produits et du coût social, et une distorsion de concurrence avec les autres pays européens.» De son côté, il avoue que la Chambre d'agriculture ne peut pas grand-chose pour soutenir le millier d'exploitations laitières iséroises. «Cette crise du prix du lait s'ajoute au marasme économique, à la baisse de consommation,etc. Nous pouvons alerter les banques, les caisses de mutualités, pour qu'elles soutiennent les exploitants. Nous essayons de voir avec nos agriculteurs comment ils peuvent mieux valoriser leurs produits, faire de la vente directe, de la transformation,etc. Nous leur conseillons également de compresser leurs charges au maximum.»
Assainir le marché
Gérard Seigle-Vatte admet qu'«objectivement, il n'est pas possible d'atteindre un prix normal du lait, à 330€ les 1.000 litres, contre 270€ actuellement. Les exploitants voudraient pouvoir vivre sans subventions, tout en atteignant un équilibre d'exploitation et en se payant un salaire. Pour cela, il faudrait assainir le marché, baisser la production sur l'ensemble de l'Europe de 3 à 4%, et que la grande distribution ne puisse plus profiter de la surproduction pour mettre la pression sur les prix.» La filière laitière représente 5.000emplois sur l'ensemble du département, y compris certains gros acteurs comme Yoplait-Candia à Vienne ou Danone à Saint-Just-Chaleyssin.
Face à la crise que subissent les producteurs laitiers, le président de la Chambre d'agriculture de l'Isère réclame un débat national.