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'Agenda Stéphanois vient de fêter ses 20 ans. Comment est venue l'idée d'un agenda culturel gratuit bimensuel?
L'idée est arrivée assez simplement. À l'époque, j'avais 25 ans, je sortais plutôt sur Lyon et quand je venais à Saint-Étienne, je me demandais toujours où sortir, quoi faire? Bref, il n'y avait pas l'équivalent de Lyon Poche. Au départ, nous étions payants. Pendant deux ans, L'Agenda Stéphanois s'est vendu au prix de 5francs.
Pourquoi avez-vous décidé de passer en gratuit?
Nous vendions environ 800 exemplaires par numéro. C'était insuffisant. Paradoxalement, quand nous mettions l'Agenda Stéphanois dans les mains des gens, ils étaient séduits. Notre produit répondait à un besoin, mais cela ne se traduisait pas en vente. La solution était donc de passer en gratuit et de le mettre ainsi à la disposition de tout le monde. En 1994, l'idée du gratuit ne s'imposait pas comme maintenant. Sur la région, nous avons été le premier gratuit culturel. Au début, nous avons tiré à 5.000 exemplaires. Le passage en gratuit s'est accompagné d'une refonte du contenu et du contenant. Nous avons revu la formule et nous sommes passés en quadri. Le passage au gratuit ne s'est donc pas fait au détriment de la qualité, au contraire!
Aujourd'hui, où en êtes-vous? L'Agenda Stéphanois, c'est aujourd'hui 10.000 exemplaires et 500 points de distribution tous les quinze jours. C'est aussi une demi-douzaine de suppléments à l'année. C'est aussi un petit frère à Clermont-Ferrand, L'Agenda Puydômois, qui a vu le jour en 2003. Il s'agit d'une édition indépendante dans laquelle L'Agenda Stéphanois a des parts.
Comment expliquez-vous cette longévité?
Sur les 3/4 dernières années, nous perdions du chiffre d'affaires. Depuis l'année dernière, nous n'en perdons plus. Dans la période actuelle, c'est un exploit! Notre longévité tient essentiellement dans la qualité de notre produit. Nous nous situons plutôt dans la fourchette haute des gratuits en France. L'autre point important, c'est la stabilité au niveau de l'équipe. Nous sommes six personnes à temps plein et un mi-temps. Tous sont en CDI et nous n'avons pas de turnover.
Vous avez aussi un modèle de fonctionnement un peu particulier?
Effectivement, nous sommes une SARL, mais nous fonctionnons un peu comme une coopérative. S'il y a des bénéfices, nous les reversons équitablement à chaque salarié. Les salaires sont aussi identiques et la majorité des salariés est actionnaires de la société. Il y a deux ans, nous avons fait du chômage partiel. Tout le monde l'a accepté. C'est plus facile de demander à chacun de faire des efforts, si, par ailleurs, quand cela va bien, les bénéfices sont répartis équitablement.
Précurseur dans le gratuit, dans le mode de management... Quid du numérique?
Le numérique m'intéresse beaucoup mais ça reste très compliqué de vendre de la publicité sur le web. Pendant de nombreuses années, nous n'avons donc rien fait si ce n'est de mettre en ligne L'Agenda Stéphanois en format PDF. Depuis deux mois, notre site est un peu plus interactif. Les internautes peuvent réagir. À terme, l'idée c'est que L'Agenda Stéphanois soit accessible sur tous les supports numériques. La problématique reste le financement de ses investissements numériques. Surtout quand on sait que le retour sur investissement est très faible.
L'Agenda Stéphanois
(Saint-Étienne) Dirigeant: Danté Ricci CA: 380.000euros 7 salariés 04 77 37 86 37 www.lagenda.net