Il aura fallu pas moins de "trois ans de travail" pour en arriver là : c’est la semaine prochaine que la CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle, en tant que gestionnaire de l’Aéropôle du Grand Nancy, va choisir l’opérateur chargé d’exploiter la future centrale photovoltaïque du site.
Entre 11 et 15 MWc d’énergie électrique
Sur 12 hectares, à proximité immédiate de la piste de l’Aéropôle, 20 000 panneaux photovoltaïques doivent être installés, pour produire entre 11 et 15 MWc d’énergie électrique dans les meilleures conditions d’ensoleillement, soit de quoi couvrir la consommation de 10 000 foyers à partir de la fin 2026. Le futur bail emphytéotique doit permettre à l’exploitant de s’installer pour 35 ans, pour des retombées financières évaluées par le président de la CCI 54, François Pélissier, à pas moins de 200 000 à 250 000 € par an.
Trois candidats pour exploiter la centrale
"Nous avons trois candidats en lice, de très bonne qualité", précise le président de la Chambre, sans vouloir en révéler plus pour respecter la confidentialité de la procédure. Mais cette centrale photovoltaïque n’est pas une fin en soi pour le président de la CCI 54 : "Dans l’attentisme ambiant, nous avons décidé de mener une stratégie volontaire", appuie François Pélissier. Concrètement, l’argent engrangé avec le loyer lié à l’exploitation de la centrale photovoltaïque doit servir à faire effet de levier pour aller chercher "plusieurs millions d’euros", nécessaires à la restructuration complète du site de l’Aéropôle.
Une parcelle de 17 hectares à développer
Un premier chantier, nécessaire, concerne la réhabilitation de la tour de contrôle, actuellement dans un piteux état. Mais le président de la CCI 54 ne veut pas se contenter de passer un coup de peinture : son principal projet concerne une parcelle de 17 hectares de l’Aéropôle, située le long de la rocade sud-est de la Métropole du Grand Nancy. "Quand je vois l’emplacement de cette parcelle, à 15 minutes de la place Stanislas et très bien desservi par les axes routiers qui irriguent la Métropole, je me dis que cela peut intéresser bien des acteurs économiques, notamment dans la logistique", détaille François Pélissier.
Encore des blocages
À ce projet de développement économique, s’ajoute la construction de hangars donnant directement sur la piste de l’Aéropôle. "Actuellement, l’aviation de loisir prend beaucoup de place, mais il doit y avoir moyen de développer d’autres activités", estime le président de la CCI 54. Loués à 90 %, abritant un total de 75 avions, les hangars de l’Aéropôle devraient, dans l’esprit de François Pélissier, servir à développer l’aviation d’affaires. Avec un écueil de taille : il n’est toujours pas possible de réaliser la procédure de dédouanement sur l’Aéropôle du Grand Nancy. "Nous avons sollicité les services de l’État, jusqu’au Ministre concerné", relate François Pélissier. "Mais il y a encore certaines résistances dans l’administration qui bloquent tout".