«Nous ne sommes pas découragés!». Daniel Delalonde, maire de la commune de La Vaupalière sur les terres duquel veut s'implanter le groupe Desjouis qui porte le projet de zone commerciale tant décrié par ses adversaires, ne désarme pas face au rejet de la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC): «Nous avons un délai d'un mois pour opposer un recours à cette décision. Nous sommes engagés dans un vrai rapport de force avec nos opposants de la CREA (communauté d'agglomération rouennaise, Ndlr) et je continue de penser que ce projet est porteur d'intérêts économiques pour le territoire!»
Un dossier fragile?
Pour Frédéric Sanchez, présent lors de la CDAC en tant que conseiller général, en dehors des soupçons d'installation d'une grande surface alimentaire qui pourrait selon l'opposition au projet menée par la Crea: «Déstabiliser l'ensemble du commerce local», l'un des problèmes vient du manque d'études réalisées en terme de dessertes routières. «C'est toujours un souci de constater qu'un dossier est mal préparé. Comme conseiller général, j'ai apprécié le dossier au regard des compétences routières et de transports en commun du Département et j'ai constaté qu'aucune étude sérieuse n'avait été menée. Ainsi, aucune desserte de transport en commun n'existe dans ce projet. Dans ces conditions, l'avis du conseil général ne pouvait être que négatif. Les choses sont claires et étaient prévisibles dans ce dossier. Ce que l'on peut regretter, c'est cette forme d'entêtement à aller jusqu'au bout d'une procédure administrative: c'était la chronique d'un échec annoncé pour cause de faiblesses lourdes. Cette vacuité du dossier est rédhibitoire». Le Vice-président du Département concède cependant la légitimité de la vocation commerciale de l'espace de La Vaupalière: «L'enjeu maintenant, c'est de travailler à un dossier intéressant pour le développement de notre région». Mais, pour Daniel Delalonde, au-delà des faiblesses du dossier, le problème est politique: «Si nous faisions partie de la CREA, le projet serait passé. Alors, peut-être qu'un compromis pourra être trouvé sur le long terme. Il y a des choses à étudier...»
Sébastien Colle