L’idée trottait dans la tête de Jean-Benoît Kremer depuis mars 2020. Dirigeant de la société Irréelle Vision, installée à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, et opérant dans la conception de spectacles pyrotechniques, l’entrepreneur veut combler un vide. "Les prestataires de l’événementiel, techniques ou artistiques, sont passionnés par leur métier mais moins par la gestion de leur entreprise. Notre outil doit leur permettre de s’organiser tout en gagnant en visibilité".
Déjà 50 "bêta-testeurs" sur la plateforme
Après un an et demi de développement, l’équipe de la start-up Zirru, basée à Nancy, s’apprête à ouvrir officiellement les portes de sa plateforme en ligne. Face à une multitude d’outils imaginés pour mettre en relation le public et les organisateurs d’événements, Zirru se positionne plus en amont dans la chaîne de valeur de l’événementiel, et a été conçue comme un ERP, une solution complète de gestion d’entreprise, pour les prestataires de l’événementiel et comme une place de marché pour les organisateurs d’événements, le tout lié à un moteur de recherche pour connecter directement les prestataires et leurs futurs clients. Programmé pour le mois de février, le lancement a bénéficié des contributions de 250 professionnels de l’événementiel. Et 50 "bêta-testeurs" utilisent déjà la plateforme. "Nous visons les 800 abonnés dès la première année", fixe Jean-Baptiste Bonicel, associé et directeur général de Zirru.
Deux associés complémentaires
Fondée en novembre 2024 avec 10 000 € de capital, la start-up est contrôlée à 67 % par Jean-Benoît Kremer, et 14 % par Jean-Baptiste Bonicel. Le reste du capital, soit 19 %, appartient à la société toulousaine I-Click, structure sur laquelle repose la charge du développement de la plateforme. "Derrière cette société, il y a les compétences de cinq développeurs", précise Jean-Baptiste Bonicel. Ancien responsable des partenariats pour Grand Nancy Innovation, l’outil de soutien à l’innovation de la Métropole du Grand Nancy, le directeur général de Zirru veut désormais faire jouer sa connaissance de l’écosystème pour propulser la start-up. De son côté, Jean-Benoît Kremer veut s’appuyer sur ses 20 années expérience dans l’événementiel et son carnet d’adresses pour faire décoller l’activité de Zirru. Et l’entrepreneur compte se consacrer à 100 % au développement de Zirru, en se dégageant progressivement d’Irréelle Vision.
Une nouvelle proposition sur un marché en croissance
Car les deux associés ont de l’ambition : "Nous terminerons le premier exercice à 200 000 € de chiffre d’affaires, puis nous atteindrons les 2 millions d’euros dès la deuxième année", anticipe le directeur général de Zirru. Un niveau d’activité qui devrait permettre à la start-up d’atteindre la rentabilité dès son deuxième exercice, grâce à la vente d’abonnements aux professionnels de l’événementiel permettant d’accéder aux services de la plateforme, soit une multitude de fonctions allant de la gestion des devis aux déclarations d’embauche automatisées, en passant par l’accès aux marchés publics et à la gestion de la logistique. Les tarifs ont été fixés à 20 € par mois pour les artistes indépendants et 69 € par mois pour les entreprises plus structurées du secteur. "Notre outil agglomère les fonctions de 6 voire 8 outils", précise Jean-Benoît Kremer. Pour faire face au développement de l’activité, Zirru prévoit d’embaucher pour atteindre les 17 salariés dès la deuxième année. "L’événementiel en France, en agglomérant tous les types d’activité, c’est 65 milliards d’euros de chiffre d’affaires", rappelle Jean-Benoît Kremer. "Et c’est un marché en croissance. De 30 % par rapport à 2019, avant la crise du Covid."
Des ambitions à l’international
Sur un besoin total de financement estimé à 270 000 € pour aller au bout du développement de la plateforme de Zirru, Jean-Benoît Kremer a déjà injecté 30 000 € de fonds personnels. Le montage financier intègre un prêt d’honneur d’Initiative Grand Nancy, pour 21 000 €, somme devant permettre de faire effet de levier sur un premier prêt bancaire, qui doit être signé rapidement. "Nous avons aussi déposé un dossier pour obtenir une bourse French Tech chez Bpifrance", précise Jean-Baptiste Bonicel. Si les deux associés ne repoussent pas la question de la levée de fonds, ils préfèrent se concentrer sur la qualité des développements technologiques et l’atteinte de la rentabilité avant d’envisager de nouveaux investissements, qui devront alimenter l’expansion de l’activité à l’international. "Notre modèle permet de change d’échelle rapidement", estime Jean-Baptiste Bonicel, conforté par les bons retours des premiers testeurs : "syndicats professionnels, écoles, prestataires dans tous les métiers, mais aussi les collectivités et les organisateurs d’événements."