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La start-up nantaise Hexachip crée une plateforme de revente de composants électroniques
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La start-up nantaise Hexachip crée une plateforme de revente de composants électroniques

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La start-up nantaise Hexachip a créé une plateforme afin de permettre aux entreprises européennes de vendre ou acheter les excès de stocks de composants électroniques. L’ambition est de faire grandir la communauté d’utilisateurs, déjà constituée de 300 entreprises, afin d’assurer un flux suffisant pour faire rencontrer l’offre et la demande.

Alexandre Zurlo, fondateur d’Hexachip, veut faire grossir sa plateforme pour rapidement atteindre une taille critique — Photo : Benjamin Robert

Guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, sécheresse à Taïwan, pandémie de covid-19… Les raisons qui expliquent la pénurie de composants électroniques depuis 2020 sont multiples. Cette crise, Alexandre Zurlo l’a subie de plein fouet. Il était alors directeur commercial depuis plusieurs années au sein d’une start-up parisienne de 10 personnes, Onesitu, spécialisée dans les capteurs pour parking. "Nous avions des délais d’approvisionnement très fluctuants, qui pouvait dépasser un an. Nous avons fini par fermer l’entreprise en 2022 faute de pouvoir fournir", se remémore-t-il. L’entreprise s’est alors trouvée avec un stock de composants sur les bras. "Nous avons dû tout jeter. En pleine pénurie, c’était un non-sens", regrette Alexandre Zurlo. Afin de répondre à cette aberration, il a créé sa start-up, Hexachip, l’année dernière. Membre du programme Eco-innovation Factory d’Atlanpole, il a mis au point une première plateforme B to B dédiée aux entreprises européennes afin de vendre leur excès de stocks ou leurs stocks dormants. "Les acheteurs pourront ainsi avoir une alternative, sans être obligés d’acheter des composants neufs en Asie".

Atteindre une taille critique

La première version de la plateforme a été mise au point avec des outils no-code. "L’ambition est d’abord de tester le marché avant de lancer un outil plus sophistiqué", explique le fondateur, actuellement incubé entre l’IMT Atlantique et le Palace d’Icilundi à Nantes. Environ 300 entreprises ont d’ores et déjà intégré la plateforme, et 100 millions de composants ont déjà été déposés, pour une valeur de 300 millions d’euros. "Cela correspond à environ 10 000 références de produits. Mais ce n’est pas encore assez pour faire se rencontrer l’offre et la demande dans un marché qui compte plusieurs millions de références", témoigne-t-il. La priorité est donc de faire grossir la plateforme afin d’atteindre rapidement une taille critique. "Le marché des composants électroniques reste aujourd’hui très opaque et spéculatif. Les prix peuvent varier d’un facteur dix", poursuit le fondateur, qui veut faire d’Hexachip une plateforme transparente. L’entreprise se rémunérera sur les transactions, avec un pourcentage qui varie entre 5 et 15 % suivant le volume de vente.

Des activités de conseil en réparation

Pour accélérer et accroître le rayonnement d’Hexachip, Alexandre Zurlo cherche diverses sources de financements, pour lever entre 500 000 et 600 000 euros et recruter trois à quatre personnes en 2024. "À terme, nous pourrions être une équipe d’une dizaine ou quinzaine de personnes pour gérer la plateforme", projette le fondateur. Au-delà de cette place de marché, Hexachip compte aussi se diversifier, avec du conseil pour la réparation de produits électroniques. "Il y a énormément de gaspillage dans le domaine. La tendance est à remplacer au lieu de réparer", analyse Alexandre Zurlo. Pour inciter à la réparation, le dirigeant souhaite mettre en place un simulateur d’impact matière, en lien avec un consortium d’entreprises et l’Ademe. "L’idée est de pouvoir évaluer l’impact de ses achats, sur la quantité de métaux rares par exemple, ou sur les ressources nécessaires aux opérations d’extraction".

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